La Zambie a annoncé mardi qu’elle espérait obtenir un financement additionnel de 145 millions de dollars en prolongeant de douze mois son programme actuel avec le Fonds monétaire international (FMI), une initiative cruciale pour stabiliser une économie encore fragilisée par une dette publique massive.
Le ministre des Finances, Situmbeko Musokotwane, a déclaré lors d’une conférence de presse que cette prolongation du programme, mis en place dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC) de 1,7 milliard de dollars, était nécessaire pour maintenir la discipline budgétaire et rassurer les bailleurs de fonds. « Le programme du FMI donne l’assurance que nous gérons les choses avec prudence », a-t-il souligné.
Depuis son lancement, la Zambie a déjà perçu environ 1,55 milliard de dollars dans le cadre de ce programme, qui doit officiellement arriver à échéance en octobre 2025. Le mois dernier, le gouvernement zambien avait déjà indiqué son intention de prolonger le dispositif, sans en dévoiler les modalités précises. L’annonce de ce jour permet de clarifier l’objectif financier visé.
Le ministre a averti qu’une fin prématurée du programme avec le FMI pourrait compromettre non seulement le soutien direct de l’institution, mais également celui d’autres donateurs, dont l’appui est souvent conditionné à l’existence d’un cadre de coopération actif avec le Fonds. « Si nous mettons fin à notre programme avec le FMI en octobre, nous perdrons également une partie du soutien des partenaires au développement », a précisé Musokotwane.
Le FMI a confirmé avoir été informé de cette démarche par les autorités zambiennes. Un porte-parole du Fonds a indiqué que l’équipe chargée du dossier suivait de près les discussions, sans toutefois commenter les négociations en cours.
Pays riche en ressources minières, notamment en cuivre, la Zambie a été confrontée ces dernières années à une crise de surendettement, aggravée par la pandémie de COVID-19 et la volatilité des marchés mondiaux. L’accord avec le FMI constitue un pilier essentiel de sa stratégie de redressement, en facilitant non seulement l’accès à des financements, mais aussi en instaurant une rigueur dans la gestion des comptes publics.
Cette demande de prolongation intervient alors que Lusaka tente également de conclure des négociations avec ses créanciers internationaux pour restructurer sa dette extérieure. Le soutien prolongé du FMI pourrait donc jouer un rôle central dans l’aboutissement de ces pourparlers et dans le retour de la confiance des investisseurs.