Électricité et gaz : la TVA bondit au 1er août, les abonnements s’enflamment
Électricité et gaz : la TVA bondit au 1er août, les abonnements s’enflamment

C’est une hausse passée presque inaperçue… jusqu’à ce que les factures tombent. Depuis ce 1er août 2025, les abonnements au gaz et à l’électricité sont désormais taxés à 20 % de TVA, contre 5,5 % auparavant. Un changement fiscal qui alourdit mécaniquement la facture des ménages, et provoque l’indignation des syndicats et de l’opposition de gauche.

Une décision européenne, une facture nationale

Jusqu’ici, la France appliquait deux taux distincts : un taux réduit de 5,5 % sur la part fixe de l’abonnement, considéré comme un bien de première nécessité, et un taux normal de 20 % sur la consommation. Bruxelles a rappelé que ce système était non conforme au droit européen. Résultat : l’ensemble de la prestation, abonnement compris, est désormais soumis à une TVA uniforme de 20 %. Selon le sénateur communiste Fabien Gay, cette hausse représenterait entre 50 et 120 euros supplémentaires par an pour un foyer moyen. Pour les syndicats comme la FNME-CGT, c’est « un nouveau racket », qui transforme l’énergie « d’un bien essentiel en un bien de luxe ».

Un geste compensatoire contesté

Le gouvernement affirme que la mesure sera « neutre en moyenne », arguant que dans le même temps, l’accise énergétique, une autre taxe sur l’énergie, va baisser. Mais cette baisse ne compensera rien pour les foyers les plus modestes, rétorque la CGT, pour qui l’abonnement représente une part significative de la facture lorsque la consommation reste faible. Le mécontentement pourrait vite se transformer en action. Le syndicat a déjà annoncé une grève dans le secteur de l’énergie à partir du 2 septembre, couplant cette revendication à d’autres demandes sur les salaires et les conditions de travail.

Une bataille politique engagée au Sénat

Fabien Gay a déposé une proposition de loi pour ramener l’ensemble de la facture énergétique à un taux réduit de TVA de 5,5 %. Il appelle le gouvernement à faire marche arrière avant que les effets de la réforme ne s’installent durablement. À défaut, il réclame un décret correctif, pointant une mesure « injuste, inefficace et socialement brutale ». Dans un contexte d’inflation énergétique et d’inquiétudes sociales persistantes, cette hausse discrète mais massive pourrait bien devenir l’étincelle d’une rentrée électrique.

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