DPE 2026 - un nouveau calcul qui rebat les cartes pour les logements chauffés à l’électricité
DPE 2026 - un nouveau calcul qui rebat les cartes pour les logements chauffés à l’électricité

À compter du 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) va évoluer de manière significative. Le mode de calcul change afin de modifier le coefficient de conversion de l’électricité, un paramètre central dans l’évaluation de la consommation énergétique des logements. Cette réforme, actée par un arrêté publié au Journal officiel fin août 2025, vise officiellement à corriger une distorsion jugée défavorable aux logements chauffés à l’électricité par rapport à ceux fonctionnant au gaz ou au fioul. Le DPE, devenu un outil structurant du marché immobilier, conditionne aujourd’hui la mise en location de nombreux biens. Les logements classés F ou G, qualifiés de « passoires thermiques », sont progressivement exclus du marché locatif, leurs loyers sont gelés et leur valeur à la vente s’en trouve affectée. Selon une étude relayée par SeLoger, ces logements se vendent en moyenne 15 % moins cher que ceux classés D. Avec le nouveau calcul, environ 14 % des logements actuellement classés F ou G devraient changer de catégorie et sortir de cette zone pénalisante.

Un rééquilibrage favorable à l’électricité, au cœur des critiques

Jusqu’à présent, le calcul du DPE reposait sur un coefficient de conversion de l’électricité plus élevé que celui du gaz ou du fioul, ce qui dégradait mécaniquement la note des logements chauffés électriquement. Le gouvernement estime que ce mode de calcul ne reflétait plus la réalité du mix énergétique français, largement fondé sur le nucléaire, et donc moins émetteur de CO₂ que les énergies fossiles importées. Le nouveau coefficient s’aligne sur la valeur européenne, ce qui améliore automatiquement la performance énergétique affichée des logements équipés de radiateurs électriques, de pompes à chaleur ou de chauffe-eau thermodynamiques. Les pouvoirs publics indiquent que cette évolution doit également encourager le remplacement des chaudières fossiles par des équipements utilisant une électricité qualifiée de décarbonée, une orientation présentée comme cohérente avec les objectifs climatiques nationaux. Ces arguments sont notamment développés sur Service Public.fr.

Pour les professionnels de l’immobilier, cette réforme constitue un soulagement

Dans un contexte de pénurie de logements locatifs, notamment dans les grandes agglomérations, la remise sur le marché de milliers de biens auparavant bloqués par leur classement énergétique est perçue comme un levier immédiat pour desserrer la tension. Certains propriétaires pourront ainsi continuer à louer sans engager de travaux lourds de rénovation, parfois coûteux ou techniquement complexes. Mais cette lecture est loin de faire consensus. De nombreuses associations environnementales et organisations de défense des consommateurs dénoncent une décision qu’elles jugent essentiellement politique. Selon elles, l’amélioration artificielle de la note DPE ne correspond pas à une amélioration réelle de la qualité thermique des logements. Elles estiment que cette réforme risque de freiner les rénovations énergétiques, en réduisant la pression réglementaire sur les propriétaires, tout en laissant les locataires exposés à des logements mal isolés, synonymes de factures élevées et d’inconfort thermique. Ces critiques soulignent également que la précarité énergétique reste avant tout liée à l’isolation des bâtiments, indépendamment du type d’énergie utilisée. Modifier le coefficient sans exiger de travaux reviendrait, selon elles, à déplacer le problème plutôt qu’à le résoudre.

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