La sentence est tombée il y a quelques jours, avec la dégradation de la note française par l’agence Fitch (de AA- à A+). Ce mardi, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a enfoncé le clou sur France Inter : « Notre problème numéro un, ce sont les finances publiques. La France est aujourd’hui la lanterne rouge de l’Europe ». Selon lui, la croissance hexagonale demeure certes positive, mais trop ralentie pour compenser le poids d’un déficit qui continue de creuser la dette. Le gouverneur souligne que « tous nos voisins ont réussi » à réduire leurs déséquilibres budgétaires, citant le Portugal et l’Allemagne en exemple. La France, elle, reste à la traîne, prisonnière d’un climat politique instable qui risque de bloquer l’adoption du budget d’ici la fin de l’année. Or, insiste Villeroy de Galhau, « tout ce qui accroît l’incertitude freine la croissance et fragilise l’économie ».
Réduire le déficit sans faux remèdes
Objectif fixé : ramener le déficit à 3 % du PIB d’ici 2029. Pour y parvenir, le gouverneur plaide pour une combinaison de réformes et de mesures fiscales ciblées. Mais il refuse la solution présentée comme radicale par certains, à savoir la taxe dite « Zucman », qui appliquerait un prélèvement de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. « Il n’y a pas de remède miracle », martèle-t-il, préférant mettre en avant des mesures anti-optimisation fiscale visant les plus hauts patrimoines. Son message est clair : la France dispose des moyens de rétablir ses comptes, mais la réussite dépendra de compromis politiques plutôt que de querelles partisanes. Sans un sursaut collectif, le pays risque de rester durablement le mauvais élève budgétaire du continent, avec une crédibilité financière de plus en plus fragilisée.