Nouvelle douche froide pour l’économie française : le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé sa prévision de croissance pour la France à 0,6 % en 2025, soit 0,2 point de moins que les estimations de janvier. Un recul modeste en apparence, mais qui confirme la fragilité persistante de la reprise dans l’Hexagone. En cause, selon l’institution de Washington, les turbulences commerciales engendrées par le retour offensif de Donald Trump sur la scène internationale.
La guerre des tarifs fait tanguer l’économie mondiale
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a réactivé les leviers protectionnistes qui avaient marqué son premier mandat. Cette fois, l’Europe est en première ligne. Une surtaxe de 20 % a été imposée sur la majorité des produits européens, avant d’être temporairement suspendue pour trois mois, tout en maintenant une surtaxe résiduelle de 10 %. Résultat : la croissance mondiale est freinée, passant à 2,8 %, contre 3,3 % initialement attendus.
La France, déjà structurellement ralentie par une dépense publique hypertrophiée et un manque de réformes structurelles, encaisse de plein fouet cette instabilité économique. Le FMI est d’ailleurs plus pessimiste que tous les autres grands prévisionnistes : l’OCDE anticipe 0,8 %, et la Banque de France, tout comme le gouvernement, espèrent encore 0,7 %.
Un mal français aggravé par le contexte international
Ce repli annoncé ne peut être attribué uniquement à l’influence extérieure. Le mal est aussi interne. Malgré une stabilité de l’emploi et une reprise timide de la consommation, la France reste pénalisée par un climat fiscal et administratif peu propice à l’investissement. L’excès de normes, la pression fiscale sur les entreprises et l’absence d’un cap économique clair pèsent sur la compétitivité.
À cela s’ajoute une politique européenne peu réactive, embourbée dans les lourdeurs institutionnelles de Bruxelles. Tandis que l’Allemagne stagne et que l’Italie peine à relancer sa machine industrielle, seule l’Espagne parvient à tirer son épingle du jeu, avec une croissance attendue à 2,5 %, grâce à une politique plus souple et recentrée sur l’économie réelle.
Pour la France, cette révision à la baisse est un signal d’alarme. La dépendance excessive vis-à-vis des marchés extérieurs, l’incapacité à relocaliser la production stratégique, et l’alignement systématique sur les décisions de l’Union européenne constituent autant de freins à une véritable souveraineté économique.
Le FMI le rappelle : les surtaxes douanières américaines ne sont pas une simple péripétie commerciale. Elles s’inscrivent dans une recomposition globale des rapports de force économiques. Et dans ce contexte, seuls les pays qui sauront défendre leurs intérêts, réindustrialiser leur économie et alléger le carcan bureaucratique tireront leur épingle du jeu. Ce n’est qu’à ce prix que la France pourra retrouver le chemin d’une croissance durable.