À la veille d’un basculement politique à Matignon, le gouvernement a créé la surprise en annonçant un coup de pouce supplémentaire pour l’achat de voitures électriques. Dès le 1er octobre, le bonus écologique sera augmenté de 1 000 euros pour les modèles assemblés en Europe et dotés de batteries produites sur le Vieux Continent.
Un signal pour l’industrie européenne
Cette mesure porte le bonus maximum à 5 200 euros pour les ménages modestes et à 4 100 euros pour les autres, contre respectivement 4 200 et 3 100 euros jusque-là. Le gouvernement justifie ce geste par la nécessité de soutenir une filière européenne des batteries encore fragile face à la domination asiatique. L’initiative s’inscrit dans le sillage de l’appel de Mario Draghi à privilégier le « made in Europe » et a été réaffirmée lors du dernier conseil des ministres franco-allemand. Financé depuis juillet par les certificats d’économie d’énergie, ce surbonus n’alourdira pas le budget de l’État. Ce sont les fournisseurs d’énergie qui assument la facture, en vertu de leur obligation de financer des économies d’énergie. Le dispositif, désormais à guichet ouvert, n’impose plus de plafonds budgétaires, ce qui devrait éviter les arrêts brutaux qui avaient fragilisé le marché par le passé.
Une définition encore floue de la “batterie européenne”
La liste des véhicules concernés sera publiée prochainement par l’Ademe et actualisée chaque mois. Reste à savoir ce qui sera considéré comme une batterie européenne : les modèles assemblés sur le continent avec des cellules importées d’Asie entreront-ils dans le périmètre ? La question est cruciale pour les constructeurs français, qui veulent sécuriser l’éligibilité de leurs modèles phares. La Renault R5, produite à Douai et équipée des batteries du groupe sino-japonais AESC, illustre ce dilemme. L’usine installée sur le site a commencé à livrer ses premiers packs « made in France » cet été, mais continue à intégrer des cellules venues de Chine. Les dirigeants promettent un basculement vers une « origine 100 % Douai » au premier semestre 2026. Cette transition progressive pourrait décider de l’accès ou non au surbonus pour l’un des modèles emblématiques de la relance électrique française.