Longtemps présenté comme une alternative écologique et économique à l’essence, le bioéthanol pourrait bientôt perdre l’un de ses principaux atouts. Le projet de loi de finances 2026 prévoit en effet une hausse de la taxe sur ce carburant, ce qui pourrait faire grimper son prix à 1,20 euro le litre, contre environ 0,70 euro aujourd’hui. Une mesure qui inquiète aussi bien les automobilistes que les acteurs de la filière.
Un carburant vert bientôt moins avantageux
Moins cher et moins polluant, le bioéthanol (E85) séduit plus de 400 000 conducteurs en France. Issu de la fermentation de betteraves et de céréales, il émet moins de CO₂ et de particules fines que les carburants fossiles. Grâce à un prix à la pompe imbattable, il a permis à de nombreux automobilistes d’alléger leur budget, surtout depuis l’explosion du prix du sans-plomb. Mais la donne pourrait changer. La perspective d’une hausse du tarif provoque la colère.
Une filière française fragilisée
La hausse de la fiscalité ne menace pas seulement les consommateurs, mais aussi tout un écosystème industriel. En quelques années, la production française de bioéthanol a permis de dynamiser les territoires ruraux, en valorisant les cultures locales et en soutenant des milliers d’emplois dans la maintenance automobile et la transformation agricole. Une hausse de la taxe ferait chuter la demande et fragiliserait les ateliers qui ont investi dans cette technologie. Le gouvernement justifie la mesure par un besoin d’harmonisation fiscale et de contribution au financement de la transition énergétique. Si elle est votée, la nouvelle taxe entrerait en vigueur dès 2026. Une décision qui pourrait sonner le glas de l’un des rares carburants conciliant écologie, souveraineté et pouvoir d’achat.