Le message, enregistré sur le répondeur de la mosquée de Sucy-en-Brie, a laissé ses destinataires sidérés. Menaces de mort, insultes haineuses, vocabulaire ordurier : la violence des propos ne laissait aucune place au doute. « On va vous égorger », proférait la voix anonyme, dans un flot de haine destiné à la communauté musulmane locale. L’appel a été passé jeudi soir, vers 21 heures. L’homme tombe sur la messagerie et crache sa colère, bien décidé à en découdre, du moins par téléphone. Aussitôt informé, le président de l’Association culturelle des musulmans de Sucy, Driss Soussi, alerte les autorités. Dès le lendemain, les faits sont signalés à la police, et le samedi, une plainte est déposée au commissariat de Boissy-Saint-Léger.
Un message haineux… et un auteur confondu en 60 minutes
Il n’aura fallu qu’une heure aux enquêteurs pour mettre la main sur le suspect. Identifié grâce à un courriel maladroit d’excuses envoyé au nom d’un soi-disant neveu — un leurre rapidement éventé — l’auteur finit par avouer : c’était bien lui au téléphone. Ivre au moment des faits, dit-il. L’excuse est lâchée, mais ne convainc personne. Il est immédiatement placé en garde à vue. Une expertise psychiatrique est ordonnée. Pour Driss Soussi, la rapidité de l’intervention policière est un signal fort : « Cela montre que la justice prend ces faits très au sérieux. » S’il salue le professionnalisme des forces de l’ordre, il prévient : si la justice doit trancher, elle devra le faire sans trembler. Car sous couvert d’ivresse, l’appel haineux reste une menace claire contre une communauté locale.