Ouaihid Ben Faïza : polémique autour de la libération anticipée du narcotrafiquant français. (DR)
Ouaihid Ben Faïza : polémique autour de la libération anticipée du narcotrafiquant français. (DR)

Ce lundi 24, Ouaihid Ben Faïza, considéré comme l’un des narcotrafiquants les plus influents de France, a bénéficié d’une permission de sortie après quatre mois de détention à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil. Cette décision, prise par la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai, va à l’encontre de l’avis du chef d’établissement pénitentiaire, ainsi que du parquet de Béthune et du parquet général, et suscite de nombreuses critiques dans les milieux judiciaires et médiatiques.

Une famille au cœur du trafic en Seine-Saint-Denis

Ouaihid Ben Faïza a été l’un des acteurs principaux du trafic de stupéfiants dans le département de la Seine-Saint-Denis au début des années 2000, opérant principalement autour de la tour HLM Balzac à La Courneuve, quartier qui servait de fief à sa famille d’origine tunisienne, composée de dix enfants. Les Ben Faïza ont été impliqués dans plusieurs incidents violents pour asseoir leur contrôle. En 2003, le plus jeune frère, Sofiane Ben Faïza, alors âgé de 13 ans, a tiré sur un adolescent de 16 ans, Kamel Houmani, le paralysant à vie. Pour calmer les tensions dans le quartier, les deux familles auraient conclu un accord permettant le partage de certains halls d’immeubles pour la vente de stupéfiants, comme le rappelait Le Figaro en 2012.

Un parcours judiciaire chargé

Déjà condamné à trois ans de prison en 1996, puis à six ans en 2003 pour trafic de drogue, Ouaihid Ben Faïza et son frère Sofiane ont été arrêtés de nouveau pour diriger un réseau jugé « très structuré », dont le chiffre d’affaires avait été évalué à 1,8 million d’euros en 2009 et 3,5 millions en 2010, selon Marianne.

Lors du procès de 2012 devant le tribunal correctionnel de Bobigny, Ouaihid Ben Faïza a été condamné à huit ans de prison, tandis que Sofiane a écopé de six ans.

L’évasion spectaculaire de 2014

Le 4 juin 2014, lors d’un rendez-vous médical à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis, un commando armé de quatre à cinq individus a libéré Ouaihid Ben Faïza. Les assaillants, équipés d’armes et de bombes lacrymogènes, ont menacé le personnel avant de s’enfuir avec le prisonnier dans un véhicule utilitaire. Il a été rattrapé deux semaines plus tard au Blanc-Mesnil, devant un hôtel où il se cachait, et a été condamné à une nouvelle peine de huit ans de prison.

Cette permission de sortie, décidée malgré l’avis défavorable des autorités judiciaires et pénitentiaires, interroge sur la sécurité et le suivi des criminels jugés dangereux.

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