Cette fois, la justice tranche sur les mots, donc sur l’intention. Les deux jeunes hommes suspectés d’avoir mortellement agressé Shemseddine, 15 ans, en avril 2024 à Viry-Châtillon (Essonne), seront jugés devant la cour d’assises des mineurs pour « violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Ils avaient 17 ans au moment des faits. L’instruction écarte donc l’« assassinat », qualification qui suppose préméditation, et retient un crime de violence dont l’issue, elle, a été fatale. Les faits, eux, restent glaçants: à la sortie du collège des Sablons, l’adolescent est entraîné à quelques minutes de là dans une cage d’escalier, le ton monte, puis viennent les coups. Shemseddine meurt le lendemain à l’hôpital Necker, laissant un établissement scolaire et un quartier sidérés, au point de provoquer la venue du ministre de l’Éducation de l’époque, Gabriel Attal.
Une requalification qui change la lecture du dossier
Une requalification qui change la lecture du dossier Dans l’ordonnance datée du 31 mars, le magistrat s’appuie sur l’autopsie et les déclarations des mis en cause: coups de poing, coups de pied, puis une « balayette » qui aurait provoqué la chute, la tête heurtant l’arête d’une marche, avant de nouveaux coups alors que la victime se protège. Le traumatisme crânien est retenu comme cause du décès, et un avis médical complémentaire évoque une chute compatible avec certaines lésions, même si tout n’est pas expliqué.
Au passage, deux autres mis en cause, poursuivis pour complicité, bénéficient d’un non-lieu, décision contestée par un appel. Derrière le vocabulaire juridique, une réalité demeure, brutale: une querelle d’adolescents, nourrie par des tensions autour de la petite soeur de deux accusés, a tourné au passage à tabac. Reste maintenant l’étape décisive, celle d’un procès aux assises des mineurs, où chaque minute du scénario sera disséquée et où la société, une fois encore, devra regarder en face la violence qui rôde aux abords des collèges.
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