Mandat d’arrêt international contre Tariq Ramadan, qui ne s'est pas présenté à son procès pour viols. (DR)
Mandat d’arrêt international contre Tariq Ramadan, qui ne s'est pas présenté à son procès pour viols. (DR)

Le théologien suisse Tariq Ramadan, âgé de 63 ans, ne s’est pas présenté ce vendredi devant la cour criminelle de Paris, où il devait comparaître pour répondre d’accusations de viols présumés commis entre 2009 et 2016. Son procès, très attendu, avait débuté plus tôt dans la semaine dans la capitale française. Malgré une expertise médicale concluant que son état de santé lui permettait d’assister à l’audience, l’islamologue n’a pas comparu lors de la reprise des débats.

À l’issue de l’audience, les magistrats de la cour criminelle de Paris, composée uniquement de juges professionnels, ont décidé de délivrer un mandat d’arrêt international contre l’intellectuel. Les juges ont également acté que Tariq Ramadan serait jugé en son absence. Selon les informations rapportées par l’Agence France-Presse, les avocats de la défense ont quitté la salle d’audience à la suite de cette décision.

Un débat autour de l’état de santé de l’accusé

Pour expliquer l’absence de leur client, les avocats de Tariq Ramadan ont une nouvelle fois invoqué son état de santé. La défense a transmis à la cour un courrier rédigé par un médecin basé à Genève affirmant que le prédicateur était « vidé de son énergie vitale », selon les termes cités à l’audience.

Cependant, quelques heures auparavant, un collège d’experts médicaux mandatés dans le cadre de la procédure avait remis ses conclusions. Après avoir échangé avec les médecins suisses qui suivent l’état de santé de Tariq Ramadan, les spécialistes ont estimé que celui-ci était en mesure de se présenter devant la justice française.

Ce point a constitué un élément central des débats autour de la poursuite du procès et de la décision finale de la cour.

L’accusation dénonce une stratégie pour éviter le procès

Dès le début de la semaine, le représentant du ministère public, l’avocat général Philippe Courroye, avait demandé à la cour d’envisager l’émission d’un mandat d’arrêt international. Dans ses réquisitions, Philippe Courroye a estimé que l’accusé utilisait « tous les moyens pour ne pas comparaître et pour ne pas être jugé ».

Le magistrat a également souligné que Tariq Ramadan se trouverait actuellement en Suisse, ce qui constituerait selon lui une violation de son contrôle judiciaire. Parmi les obligations imposées à l’islamologue figure en effet l’obligation d’informer l’autorité judiciaire de tout déplacement à l’étranger.

Lors de la reprise de l’audience ce vendredi, Philippe Courroye a réaffirmé sa position devant la cour criminelle de Paris. « Tariq Ramadan est en fuite et il doit l’assumer », a déclaré l’avocat général, estimant que l’accusé « se soustrait volontairement à la justice ».

Une affaire judiciaire suivie de près en France et en Europe

L’affaire impliquant Tariq Ramadan a pris une dimension internationale depuis les premières plaintes déposées en France en 2017. Les accusations de viol formulées contre l’universitaire ont entraîné une série d’enquêtes et de procédures judiciaires qui ont profondément affecté sa carrière académique et médiatique.

La décision de la cour criminelle de Paris d’émettre un mandat d’arrêt international marque ainsi une nouvelle étape dans ce procès très suivi. Les audiences doivent désormais se poursuivre sans la présence de l’accusé, la justice française ayant choisi de juger Tariq Ramadan par défaut.

Partager