Plus de trois décennies après les faits, la disparition inexpliquée d’un jeune homme en Dordogne refait surface au sein du pôle dédié aux crimes sériels ou non élucidés du tribunal judiciaire de Nanterre. Depuis l’automne, une magistrate de cette juridiction a repris le dossier de Didier Seignole, disparu en janvier 1994 à l’âge de 29 ans, alors qu’il rentrait d’un entraînement de football près de Périgueux.
À l’époque, la voiture de l’étudiant avait été retrouvée abandonnée devant une gare rurale, sans trace de lutte apparente. Malgré de vastes recherches, une médiatisation nationale et même une récompense financière promise par la famille, aucune piste n’avait permis d’expliquer son absence prolongée.
Des éléments nouveaux et la piste d’une intervention extérieure
La reprise du dossier en 2023 a permis aux enquêteurs de réentendre de nombreux témoins, habitants du village, proches et anciens gendarmes. De nouveaux éléments matériels ont émergé, dont un scellé jusque-là inexploité, ainsi que des expertises complémentaires sur les effets personnels de la victime et des déplacements sur les lieux de la disparition.
Ces avancées ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire fin 2025 pour enlèvement et séquestration. Le parquet estime désormais peu probable l’hypothèse d’un départ volontaire. L’enquête s’oriente vers l’intervention de tiers, possiblement plusieurs personnes, dont l’une serait un ancien employé municipal du secteur, au passé judiciaire violent et aujourd’hui décédé. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels complices et d’éclaircir les circonstances exactes de cette disparition restée sans réponse depuis trente ans.