Dordogne, un abbé écarté de ses fonctions après la révélation d’une agression sexuelle commise en 1970
Dordogne, un abbé écarté de ses fonctions après la révélation d’une agression sexuelle commise en 1970

L’Église catholique a relevé l’abbé Martial, âgé de 84 ans, de toutes ses fonctions après la mise en lumière d’une agression sexuelle commise en 1970 sur un élève de moins de quinze ans au collège catholique Saint Front de Bergerac. Le diocèse de Périgueux et Sarlat a confirmé cette décision, officialisée le 21 novembre, tout en annonçant l’ouverture d’une procédure canonique pouvant mener à la révocation définitive du prêtre. L’affaire, ancienne de cinquante cinq ans, refait surface alors que les paroissiens ont été informés publiquement lors de la messe du dimanche 23 novembre, signe d’une volonté d’assumer pleinement la vérité, malgré la prescription pénale qui a fermé toute issue judiciaire. L’ecclésiastique avait reconnu les faits en 2018 devant l’évêque de l’époque, qui avait signalé l’agression au procureur, mais la justice civile n’avait pu intervenir.

Un diocèse qui reconnaît la gravité des faits et veut renforcer la prévention

Selon les informations locales, la victime, aujourd’hui décédée, n’avait pas souhaité porter plainte. Depuis 2018, l’abbé Martial n’exerçait plus aucune charge paroissiale, même s’il continuait à intervenir ponctuellement en maison de retraite au nom d’une association dont il était président. Le diocèse explique que, malgré le caractère ancien des faits, il était indispensable de reconnaître la souffrance infligée et de restaurer la parole autour de ce dossier. Une cellule d’écoute a été ouverte afin d’accueillir toute personne désirant témoigner, dans le prolongement du partenariat avec le dispositif Stop abus destiné à structurer la prévention au sein des communautés chrétiennes.

Une procédure canonique rendue possible par les réformes post rapport Sauvé

L’évêque de Périgueux rappelle que cette décision s’inscrit dans les évolutions engagées après la publication du rapport Sauvé en 2021. La création d’une instance pénale canonique nationale, devenue opérationnelle en 2023 et 2024, permet désormais de mener des enquêtes préliminaires indépendantes en vue d’un éventuel procès interne à l’Église. C’est dans ce cadre que l’abbé a été écarté temporairement, le temps que l’instruction canonique détermine les sanctions définitives. Pour le diocèse, l’objectif est de garantir des communautés plus sûres et de mettre un terme aux pratiques d’opacité qui ont longtemps marqué la gestion des abus sexuels dans l’institution.

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