La remise en liberté de Jacques Moretti, co-propriétaire du bar touché par l’incendie de Crans-Montana, continue de provoquer de vives réactions, en particulier du côté des parties civiles. Moins de trois semaines après le drame, le tribunal des mesures de contrainte a ordonné sa libération après le versement d’une caution de 215.000 euros, assortie de plusieurs obligations, dont celle de se présenter quotidiennement auprès d’un poste de police.
Cette décision a été vivement critiquée par l’avocat des victimes. « C’est une décision inattendue et particulièrement sidérante pour mon client et les familles de victimes », a dénoncé auprès du Figaro Me Christophe de Galembert. Selon lui, le calendrier judiciaire interroge : « À peine trois semaines se sont écoulées depuis le drame. L’enquête ne fait que débuter. »
Des soupçons jugés très graves
Pour l’avocat des parties civiles, la libération de Jacques Moretti intervient alors que « des soupçons très graves pèsent » sur lui. Il s’interroge également sur l’analyse du tribunal concernant les risques procéduraux. « Le tribunal des mesures de contrainte ordonne la libération en excluant le risque de fuite en France, et particulièrement en Corse, où le prévenu a pourtant des attaches connues », souligne Me de Galembert.
Il ajoute que l’absence de prise en compte d’un éventuel risque de collusion suscite également l’incompréhension : « On s’interroge également sur l’absence de risque de collusion, que ce soit avec tiers ou même entre les époux Moretti eux-mêmes. »
La défense refuse de commenter la détention préventive
Du côté de la défense, le ton est plus réservé. Contacté par Le Figaro, Me Romain Jordan a indiqué ne pas vouloir « commenter les enjeux de détention préventive ». Il a toutefois attiré l’attention sur certains points de procédure. « Sur le plan de l’enquête, mes clients relèvent qu’à nouveau qu’il n’est émis aucune considération sur le risque de collusion et de disparition des preuves, risque qui les inquiète fortement », a-t-il déclaré.
Concernant l’épouse de Jessica Moretti, le ministère public avait déjà estimé que « vu son parcours et ses attaches personnelles (…) une demande de mesures de substitution permettait de pallier le risque de fuite », un raisonnement qui semble avoir pesé dans la décision du tribunal.