Les communautés juives du Royaume-Uni ont considérablement durci leurs mesures de sécurité à la suite de l’attentat contre une synagogue à Manchester, qui a fait deux morts la semaine dernière. Selon les représentants communautaires, les attaques antisémites ont atteint un niveau sans précédent dans le pays, alimentant un sentiment d’inquiétude et de vulnérabilité parmi les fidèles.
Le rabbin Ben Kurzer, interrogé à Londres par Reuters, a déclaré que la peur s’est installée au sein des communautés religieuses : « Beaucoup de gens hésitent désormais à venir à la synagogue ou à envoyer leurs enfants à l’école. Nous n’avons jamais vu un tel niveau d’angoisse. » Les synagogues et écoles juives ont renforcé la présence de vigiles privés, installé de nouveaux dispositifs de surveillance et coordonné plus étroitement leurs efforts avec la police métropolitaine.
L’attaque de Manchester, menée par un assaillant armé d’un couteau à l’entrée d’une synagogue, a ravivé le traumatisme des précédents actes antisémites commis au Royaume-Uni ces dernières années. Les autorités britanniques ont qualifié l’incident d’« acte terroriste motivé par la haine », tandis que le gouvernement a promis d’augmenter le financement des mesures de sécurité destinées aux lieux de culte juifs.
Les organisations communautaires, dont le Community Security Trust (CST), estiment que le nombre d’incidents antisémites recensés depuis un an dépasse désormais les niveaux enregistrés après le début de la guerre à Gaza en 2023. Elles appellent à une réponse nationale coordonnée pour protéger les quelque 300 000 membres de la communauté juive britannique.
Le Premier ministre Rishi Sunak a condamné l’attentat « avec la plus grande fermeté » et réaffirmé la détermination du Royaume-Uni à combattre toutes les formes d’antisémitisme. Malgré ces assurances, les responsables communautaires insistent sur la nécessité d’une vigilance permanente, soulignant que les synagogues et institutions juives du pays demeurent des cibles privilégiées pour les extrémistes.