Raúl Rocha, propriétaire de Miss Univers, inculpé pour trafic de drogue, de carburant et d’armes. (AP)
Raúl Rocha, propriétaire de Miss Univers, inculpé pour trafic de drogue, de carburant et d’armes. (AP)

La pression s’accentue autour de l’organisation Miss Univers. Au cœur d’une nouvelle tempête médiatique, l’homme d’affaires mexicain Raúl Rocha Cantú, considéré comme l’un des investisseurs principaux du concours, a été officiellement inculpé par les autorités fédérales mexicaines. Il est soupçonné d’être impliqué dans un ensemble d’activités criminelles comprenant le trafic de drogue, la distribution illégale de carburant, la contrebande d’armes et une participation présumée au crime organisé. Les accusations reposent sur une enquête de longue haleine menée par plusieurs instances mexicaines et internationales.

Un mécanisme sophistiqué de contrebande

Les documents judiciaires cités par la presse locale décrivent un mécanisme sophistiqué de contrebande de carburant, qui aurait débuté au Guatemala avant de se poursuivre au Mexique. Selon les enquêteurs, le carburant était altéré afin de dissimuler son origine, puis distribué à travers des entreprises soupçonnées d’être liées à Rocha Cantú. Les autorités affirment également que le réseau mis au jour aurait facilité la circulation d’armes destinées à différents groupes criminels opérant dans plusieurs régions du pays.

Rocha Cantú aurait récemment conclu un accord de coopération avec les procureurs, peu après la délivrance d’un mandat d’arrêt. Les termes précis restent confidentiels, mais de nombreux spécialistes estiment qu’une telle décision vise souvent à obtenir une atténuation des charges en échange de témoignages permettant d’élargir l’enquête à d’autres protagonistes.

Miss Univers en pleine tempête

Cette affaire éclate alors que Miss Univers traverse déjà une période de forte instabilité. L’organisation est secouée depuis plusieurs mois par des accusations de favoritisme, des difficultés financières et des départs inattendus dans sa direction. L’édition organisée à Bangkok a accentué les tensions. La victoire de Fátima Bosch, la candidate mexicaine, a suscité une vague de critiques lorsque plusieurs juges, dont Omar Harfouch, ont annoncé leur démission, ce dernier affirmant que le concours était truqué.

En coulisses, certaines concurrentes auraient exprimé leur mécontentement, tandis que les réseaux sociaux se sont enflammés autour de discussions portant sur la transparence et la gestion interne du concours. La situation était d’autant plus délicate que la direction de Miss Univers avait été brusquement remaniée quelques jours avant le début de l’événement, alimentant les spéculations sur des luttes de pouvoir et sur l’état réel des finances de l’organisation.

Le scandale de trop ?

L’inculpation de Rocha Cantú pourrait amplifier ces interrogations et placer Miss Univers sous un examen encore plus attentif de la part du public, des partenaires et des investisseurs. Pour l’heure, ni l’organisation du concours ni les représentants de l’homme d’affaires n’ont publié de réaction officielle. Mais pour les observateurs du secteur, cette affaire marque un tournant : elle ajoute un niveau de gravité inédit aux polémiques déjà en cours et fait planer une ombre nouvelle sur l’avenir et la crédibilité d’un concours suivi dans le monde entier.

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