Le nouveau tribunal argentin chargé du procès relatif à la mort de Diego Maradona a rejeté la demande de récusation formulée par l’équipe de défense du Dr Leopoldo Luque, médecin personnel de l’ancien joueur. Cette demande visait deux des trois juges composant la cour, installée en juillet après l’annulation du premier procès.
Les avocats de Leopoldo Luque invoquaient une « crainte certaine qu’ils ne soient pas impartiaux », arguant de doutes sur l’objectivité de ces magistrats. Le tribunal a écarté ces arguments, estimant que la requête poursuivait un objectif « purement dilatoire » et reposait sur des appréciations personnelles, des suppositions et des spéculations dénuées de fondement juridique. La défense a annoncé son intention d’interjeter appel.
Un contexte judiciaire tendu
Pour rappel, le premier procès, entamé en mars 2025, s’est déroulé pendant plus de deux mois et demi, avec l’audition de plus de quarante témoins. Fin mai, il a été annulé après un scandale : la récusation d’une des juges, Julieta Makintach, impliquée dans la préparation d’une mini-série documentaire sur l’affaire, dans laquelle elle apparaissait elle-même.
Le projet, tourné en partie dans l’enceinte judiciaire sans autorisation, a été considéré comme une atteinte à l’impartialité et à la dignité de la fonction. La magistrate a ensuite démissionné, affirmant vouloir limiter les dommages institutionnels et sociaux causés par ses actes.
Sept professionnels de santé sur le banc des accusés
Sept professionnels de santé, parmi lesquels des médecins, un psychiatre, un psychologue et des infirmiers, sont poursuivis pour homicide avec dol éventuel. Cette qualification suppose que les accusés ont commis des négligences tout en ayant conscience du risque mortel que ces manquements pouvaient entraîner. Les peines encourues vont de 8 à 25 de prison.
Pour mémoire, Diego Maradona est mort le 25 novembre 2020 à l’âge de 60 ans. Il a succombé à une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire. L’accusation soutient qu’il a agonisé plusieurs heures dans sa résidence de Tigre, au nord de Buenos Aires, où il se remettait d’une opération neurochirurgicale. La thèse de la partie civile repose sur un suivi médical jugé gravement insuffisant dans les jours précédant sa mort.