L’édition 2025 de Miss Univers, organisée à Bangkok, devait offrir un spectacle mondialement suivi. Elle a finalement ouvert une crise sans précédent, révélant une série de décisions opaques, de conflits d’intérêts et d’irrégularités dénoncées par un membre du jury lui-même, Omar Harfouch, qui avait démissionné cette semaine après avoir découvert le scandale,
Au cœur de cette tempête : le sacre de Fátima Bosch, Miss Mexique, dont la victoire n’est que le résultat d’un système déjà verrouillé avant la finale.
Un arrangement entre Raúl Rocha, propriétaire du concours, et le père de Miss Mexique
L’aspect le plus controversé de toute ce concours est l’allégation selon laquelle la victoire ce matin de de Fátima Bosch, Miss Mexique, a été facilitée par un arrangement entre sa famille et Raúl Rocha. Selon Omar Harfouch, des intérêts communs ont existé entre le père de la candidate mexicaine et le propriétaire de Miss Univers. Ces intérêts ont pris la forme d’échanges économiques, de projets d’investissement ou d’initiatives stratégiques bénéficiant aux deux parties.
Ce lien constitue un conflit d’intérêts direct. Il remet en question non seulement la neutralité du concours, mais aussi la validité même du résultat final. Ce soupçon a été largement renforcé par un fait troublant : Omar Harfouch avait annoncé, 24 heures avant la finale, dans une interview sur HBO, que Miss Mexique serait couronnée. Il avait justifié cette certitude en expliquant que le résultat avait été décidé à l’avance en raison de ces intérêts croisés, et que le concours était truqué.
Le fait que cette prédiction se soit réalisée donne une dimension encore plus sérieuse aux accusations. Elle suggère qu’à ce moment-là, l’issue du concours n’était déjà plus un secret à l’intérieur de certaines sphères de l’organisation.
Un processus de sélection officiellement transparent… mais contourné en coulisses
Si la victoire truquée de Miss Mexique vient confirmer les accusations de triche, le scandale avait éclaté dès cette semaine avec la démission d’Omar Harfouch, qui avait quitté le jury après avoir découvert le scandale. Si l’organisation Miss Universe présente depuis toujours son jury officiel comme garant de la neutralité et de l’intégrité du résultat, Omar Harfouch révélait que le mécanisme réel de sélection des finalistes n’avait rien à voir avec le processus annoncé au public.
Selon lui, un comité parallèle, qu’il qualifie de “jury improvisé”, aurait fonctionné discrètement, en dehors des juges officiellement désignés. Ce groupe aurait sélectionné les trente finalistes du concours bien avant que le jury principal ne commence son évaluation. Autrement dit, les juges mis en avant par l’organisation n’auraient eu qu’un rôle de façade, leurs décisions n’ayant aucun impact réel sur le classement final.
Ce comité clandestin aurait regroupé des personnes liées à la production de l’événement, à l’organisation locale et même, à certaines participantes. Certains membres auraient entretenu des relations personnelles ou professionnelles directes avec des candidates, ce qui rendait toute notion d’impartialité impossible. Il aurait également été question d’individus impliqués dans la compilation des scores, brouillant encore davantage la frontière entre évaluateurs, organisateurs et acteurs décisionnels. Cette confusion structurelle laisse penser que l’indépendance du vote n’était pas assurée.
Omar Harfouch avait expliqué qu’il ne souhaitait pas servir de caution morale à ce qu’il considère comme une mascarade… Dans ses déclarations, il décrit un système opaque, dans lequel le jury principal, celui présenté devant les caméras, n’était en réalité qu’un élément décoratif, dépourvu de pouvoir décisionnel réel.
L’échange qu’il aurait eu avec Raul Rocha, propriétaire de la Miss Universe Organisation, aurait été particulièrement tendu. Lorsque Omar Harfouch a demandé des explications sur la composition et le rôle de ce comité parallèle, il n’aurait reçu ni informations claires ni justification satisfaisante. Selon lui, l’organisation a minimisé la gravité de ses accusations, refusé de revoir les procédures et rejeté la moindre remise en question.
À la suite de cette confrontation, Omar Harfouch a non seulement quitté le jury, mais aussi retiré la composition musicale qu’il avait préparée pour la cérémonie. Il a également déclaré qu’il ne participerait plus à un événement dont l’intégrité ne lui paraissait plus garantie. Ce départ spectaculaire, loin de calmer les tensions, a souligné l’ampleur des problématiques internes.
Une défense officielle fragile et des explications peu convaincantes
Face à l’ampleur du scandale, la Miss Universe Organisation s’est retrouvée contrainte de réagir. Elle a affirmé que le comité auquel faisait référence Omar Harfouch appartenait à un programme indépendant nommé “Beyond the Crown Program”, présenté comme un projet social parallèle et sans rapport avec la sélection des finalistes.
Cette défense a cependant laissé les observateurs perplexes. L’organisation n’a jamais expliqué pourquoi des membres de ce programme auraient eu accès aux dossiers des candidates, ni pourquoi leurs avis semblent avoir précédé ceux du jury officiel. Elle n’a pas non plus justifié la raison pour laquelle les juges internationaux ont découvert la liste des finalistes sans avoir participé aux délibérations.
Chaque réponse fournie par l’organisation a semblé évasive, incomplète ou en contradiction avec les témoignages internes. La gestion de la crise a renforcé l’impression générale que le concours souffrait d’un déficit profond de transparence, voire d’un dysfonctionnement structurel.
Une compétition désormais entachée
L’édition 2025 est aujourd’hui largement considérée comme l’une des plus chaotiques et contestées de l’histoire de Miss Univers. L’image d’un concours prestigieux, généralement perçu comme un modèle de discipline et de rigueur, se retrouve fragilisée. Les accusations de conflits d’intérêts, de prédétermination du résultat et de manipulation des procédures vont laisser une trace durable dans l’opinion publique.
Plusieurs candidates ont fait part, en privé et parfois même publiquement, de leur incompréhension face au déroulement du concours. Beaucoup ont dit n’avoir obtenu aucune explication sur les critères de sélection ou sur la manière dont les finalistes avaient été désignées. Pour elles, la victoire de Miss Mexique apparaît désormais comme le produit d’un système organisé en coulisses plutôt que d’une compétition loyale.
L’élection de Miss Univers 2025 restera dans les annales non pas pour son éclat, mais pour la crise profonde qu’elle a révélée. La combinaison d’un jury parallèle, d’une direction accusée de partialité, d’une démission spectaculaire et d’allégations d’arrangements privés forme un tableau particulièrement opaque.
La confiance du public a été ébranlée. Plus que jamais, la Miss Universe Organisation devra faire face à une exigence accrue de transparence et de réformes, faute de quoi d’autres éditions pourraient connaître le même sort, et être à jamais discréditées…