Le procès fédéral pour trafic sexuel visant le magnat du hip-hop Sean « Diddy » Combs a débuté ce lundi à New York avec la sélection du jury, une étape qui pourrait durer plusieurs jours. Les plaidoiries d’ouverture et les premiers témoignages sont attendus la semaine prochaine, pour ce qui s’annonce comme un procès long et scruté de près.
Dans la salle d’audience, Combs, âgé de 55 ans, portait un pull, une chemise blanche et un pantalon gris — une tenue validée par le juge Arun Subramanian, qui lui a permis de comparaître en habits civils plutôt qu’en uniforme de détenu. En détention dans un centre pénitentiaire fédéral de Brooklyn depuis son arrestation en septembre dernier, l’artiste affichait une barbe et des cheveux devenus presque entièrement gris, les teintures étant interdites en prison.
Le juge a rappelé aux jurés potentiels que l’accusé plaide non coupable et qu’il bénéficie de la présomption d’innocence. Plusieurs d’entre eux ont reconnu avoir vu des extraits ou des images d’une vidéo clé du dossier, datant de 2016, dans laquelle on voit Combs frapper et donner des coups de pied à son ex-compagne, la chanteuse Cassie, dans un hôtel de Los Angeles. Une femme, qualifiant l’image de « très incriminante », a été écartée du jury.
L’acte d’accusation de 17 pages dépeint Combs comme à la tête d’un véritable réseau criminel. Il est accusé d’avoir orchestré pendant deux décennies une série d’abus contre des femmes, aidé de membres de son entourage et d’employés de ses entreprises. Le document mentionne des « Freak Offs », des orgies sous influence de drogues auxquelles des femmes auraient été contraintes de participer avec des prostitués masculins. Les procureurs allèguent également des actes de violences, d’enlèvements, d’incendies criminels, et même qu’une victime aurait été suspendue dans le vide depuis un balcon.
L’artiste nie les accusations. Selon ses avocats, les relations sexuelles étaient toutes consenties, aussi bien avec Cassie qu’avec d’autres participantes, et aucune des actions décrites ne constitue un crime organisé. L’avocat Marc Agnifilo reconnaît toutefois des relations toxiques et une consommation de drogue, mais rejette toute idée de coercition.
Le procès pourrait durer jusqu’à huit semaines. Il ne sera pas retransmis en direct, les caméras étant interdites dans les tribunaux fédéraux. Seuls les croquis d’audience permettront donc au public de suivre les débats.
Combs est familier des démêlés judiciaires. En 1999, il avait agressé un cadre d’Interscope Records avec une bouteille de champagne. Plus tard la même année, il avait fui une fusillade dans un club avec Jennifer Lopez. Il avait été acquitté en 2001, mais un membre de son entourage avait été condamné. En 2015, il avait été arrêté pour une altercation dans une salle de sport de l’université UCLA, avant que les poursuites ne soient abandonnées.
Cette fois, cependant, les charges sont beaucoup plus graves. En cas de condamnation, Combs risque plusieurs décennies de prison.