À seulement 42 ans, le comédien et metteur en scène Arnaud Denis affirme être arrivé à une impasse médicale. Depuis plus de deux ans, il vit avec des douleurs qu’il qualifie d’extrêmes, apparues après une intervention chirurgicale destinée à corriger une hernie inguinale. Face à l’échec des traitements et à une dégradation continue de son état de santé, il a engagé des démarches pour recourir à l’euthanasie en Belgique, où la législation l’autorise.
Une opération banale aux conséquences irréversibles
L’intervention pratiquée en 2023 devait initialement améliorer sa qualité de vie. La pose d’une prothèse a pourtant marqué le début d’un calvaire quotidien. Très rapidement, des symptômes lourds et persistants sont apparus, affectant sa mobilité, sa posture et provoquant des douleurs diffuses. Malgré une nouvelle opération réalisée à l’étranger afin de retirer l’implant, aucune amélioration n’a été constatée.
Arnaud Denis décrit aujourd’hui un corps qui ne répond plus, une perte progressive de ses capacités physiques et une souffrance permanente qu’il juge incompatible avec une existence digne. « Un homme sait profondément en lui quand il est condamné », confie-t-il pour expliquer sa décision.
« Les médecins n’ont plus rien à me proposer »
Au fil des mois, l’artiste a choisi de ne plus taire sa situation. Dans un message publié l’été dernier, il relatait une détérioration continue : difficulté à marcher, douleurs aux pieds, affaissement de la colonne vertébrale, incapacité à se tenir droit. « Deux ans que je me dégrade inexorablement », écrivait-il, décrivant un quotidien dominé par la peur et l’épuisement.
Il affirme aujourd’hui que toutes les options médicales ont été explorées. « Les médecins n’ont plus rien à me proposer », explique-t-il, convaincu qu’aucune solution ne pourra enrayer l’évolution de son état.
Un combat au nom des autres patients
Au-delà de sa propre situation, Arnaud Denis souhaite alerter sur ce qu’il considère comme un problème plus large lié à l’utilisation de certaines prothèses chirurgicales. Il s’est engagé dans une démarche collective en soutenant un groupe de patients français victimes d’implants de hernie, un espace d’échange rassemblant plusieurs milliers de personnes.
Il y dénonce un manque d’informations sur les risques potentiels, l’absence de suivi statistique et la difficulté, pour les patients, d’être reconnus comme victimes. « Si vous êtes victime de cette opération, rejoignez-nous pour qu’une prise de conscience globale puisse avoir lieu », appelle-t-il, espérant que son témoignage contribue à faire évoluer les pratiques.
Une plainte déposée avant l’ultime décision
Avant de concrétiser son projet de départ, le metteur en scène souhaite également saisir la justice. Il prévoit de déposer une plainte contre X pour blessures involontaires, ainsi que de s’associer à une action collective. « Je ne pourrai pas aller au bout, mais je la laisse pour ma famille », explique-t-il, déterminé à engager cette démarche avant de mettre un terme à sa vie.
Un parcours artistique brutalement interrompu
Pour rappel, formé auprès de grandes figures du théâtre, Arnaud Denis a consacré sa carrière à la scène et au répertoire classique. De Molière à Maupassant, en passant par Laclos, il a signé de nombreuses mises en scène saluées par le public et la critique. En parallèle, il a également mené une carrière de comédien au cinéma.
Aujourd’hui, cette trajectoire artistique est mise entre parenthèses par une souffrance chronique qui domine chaque instant. À travers son témoignage, Arnaud Denis cherche à faire entendre la voix d’un homme qui ne réclame plus de traitement, mais la reconnaissance de son état et le droit de choisir sa fin.