Ozempic, Wegovy, Mounjaro : l’effet minceur s’évapore vite après l’arrêt, alerte une étude
Ozempic, Wegovy, Mounjaro : l’effet minceur s’évapore vite après l’arrêt, alerte une étude

Alors que WeightWatchers vient tout juste de se déclarer en faillite, les entreprises du secteur du bien-être s’adaptent en intégrant à grande vitesse les médicaments amaigrissants dans leurs offres. L’explosion de la demande pour les traitements vedettes comme Wegovy (Novo Nordisk) et Zepbound (Eli Lilly), capables de réduire le poids corporel de 15 à 20 %, bouleverse profondément le marché de la gestion du poids aux États-Unis.

WeightWatchers a imputé sa chute à cette révolution médicamenteuse, qui a déplacé l’intérêt des consommateurs vers des solutions rapides et efficaces, reléguant au second plan son système traditionnel de points et de réunions en personne. Confrontée à une perte d’attractivité, à une concurrence accrue des plateformes de télésanté et à la montée en puissance des influenceurs sur les réseaux sociaux, l’entreprise a négocié une restructuration de sa dette pour tenter de se relancer.

Les nouveaux leaders du secteur comme Noom ou Eden misent sur la télésanté et vendent des versions génériques ou non labellisées des médicaments les plus demandés. Chez Noom, ces traitements représentent désormais plus de la moitié du chiffre d’affaires, intégrés dans un programme combinant prescription, suivi médical et coaching comportemental. Le PDG Geoff Cook souligne que les utilisateurs de médicaments participent plus activement aux autres modules du programme, preuve selon lui de leur efficacité pour engager durablement les patients.

Mais cette manne pourrait s’assécher : la FDA commence à bloquer la vente de versions magistrales moins chères, maintenant que les produits comme Wegovy et Zepbound ne sont plus en pénurie. Une décision qui met en péril une part importante des revenus de ces jeunes entreprises, et pourrait les pousser à forger des partenariats avec les laboratoires pharmaceutiques à l’origine des médicaments de marque.

Les acteurs du marché s’organisent. The Vitamin Shoppe, un détaillant de produits de santé, a constaté une forte hausse de la demande pour ses compléments alimentaires destinés à accompagner les effets secondaires des GLP-1, comme la fonte musculaire ou la perte d’appétit. GNC, autre distributeur, a aménagé des rayons spécifiques pour les utilisateurs de ces médicaments.

WeightWatchers, de son côté, tente de réagir. L’entreprise affirme que les GLP-1 représentent une composante croissante de son activité et cite une étude interne selon laquelle ses patients sous traitement ont perdu 21 % de leur poids, auxquels se sont ajoutés 2 % supplémentaires après un passage à son programme comportemental.

Reste que pour les analystes, l’avenir de ces entreprises dépendra de leur capacité à s’associer aux géants du médicament. « Les fabricants comme Novo ont besoin de partenaires ayant accès aux patients », rappelle Karen Andersen, de Morningstar. Mais ces alliances seront complexes à mettre en œuvre. Le secteur du bien-être, transformé par cette nouvelle vague pharmaceutique, entre dans une phase d’incertitude stratégique.

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