Rock en Seine : Kneecap réaffirme son soutien aux Palestiniens malgré la controverse
Rock en Seine : Kneecap réaffirme son soutien aux Palestiniens malgré la controverse

Le trio de hip-hop irlandais Kneecap se produira bien ce samedi au prestigieux festival de Glastonbury, en dépit d’une vive controverse et de pressions politiques et médiatiques appelant à l’annulation de leur passage. Le groupe, connu pour ses textes engagés et provocateurs, est au cœur d’une tempête politique depuis plusieurs semaines au Royaume-Uni.

Liam O’Hanna, alias Mo Chara, l’un des membres du groupe, a été inculpé le mois dernier pour un délit lié au terrorisme. Il est accusé d’avoir brandi, lors d’un concert en novembre, un drapeau en soutien au Hezbollah, organisation libanaise soutenue par l’Iran et considérée comme terroriste par Londres. Lors de son passage devant le tribunal de Londres, il a été acclamé par des partisans scandant « Libérez la Palestine » et « Libérez Mo Chara ». Il a été libéré sous caution sans condition, en attendant une nouvelle audience prévue en août.

La polémique a enflé après la diffusion d’anciennes vidéos montrant les membres du groupe proférant sur scène des propos choquants, tels que « Tuez votre député local » ou « Le seul bon conservateur est un conservateur mort ». Bien que Kneecap se soit ensuite excusé pour ces déclarations, les critiques à leur encontre se sont multipliées, notamment au sein de la classe politique britannique.

Le Premier ministre Keir Starmer lui-même a exprimé son désaccord dans les colonnes du Sun début juin, déclarant qu’il n’était « pas approprié » que Kneecap figure à l’affiche du festival. Des acteurs influents de l’industrie musicale ont également demandé l’annulation de leur prestation. Les organisateurs de Glastonbury, cependant, n’ont pas cédé à la pression et ont maintenu le groupe dans la programmation officielle.

Kneecap, qui rappe en anglais et en irlandais, s’est forgé une solide base de fans en Irlande et au-delà grâce à son ton radical, mêlant satire politique, fierté culturelle et dénonciation des injustices. Le groupe affirme que ses prises de position visent à provoquer le débat sur des sujets sensibles comme l’héritage du colonialisme britannique ou la situation au Moyen-Orient, mais ses détracteurs y voient une incitation à la haine.

Le concert prévu à Glastonbury, qui s’annonce très surveillé, devrait attirer l’attention des médias et du public, illustrant les tensions persistantes entre liberté d’expression artistique et responsabilité politique dans l’espace public britannique.

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