La chanteuse américaine Sabrina Carpenter a vivement réagi mardi à la diffusion d’une vidéo officielle de la Maison-Blanche dans laquelle figure l’un de ses morceaux. Selon elle, son titre Juno a été utilisé sans son autorisation dans un clip vantant la politique migratoire de Donald Trump, ce qu’elle juge inacceptable.
Un morceau détourné pour illustrer une opération d’arrestations
La vidéo, publiée sur les réseaux sociaux institutionnels, montre des agents fédéraux procédant à des interpellations dans le cadre du durcissement des lois migratoires défendues par Donald Trump. Pour accompagner ces images, l’administration a choisi Juno, un titre de Sabrina Carpenter extrait de son album Short n’ Sweet. La chanteuse a dénoncé l’association de sa musique à ce contenu, qu’elle a qualifié de « répugnant » dans un message posté sur ses réseaux sociaux, appelant à ne jamais l’associer à une politique qu’elle juge « inhumaine ».
La Maison-Blanche a immédiatement répliqué, par la voix de sa porte-parole Abigail Jackson, dans un message transmis au site The Independent. Elle y justifie le recours à ce type de bande sonore en affirmant que le gouvernement ne « s’excusera pas de renvoyer des criminels hors du pays », tout en tournant en dérision l’artiste et les paroles de son propre album.
Une tension grandissante entre la Maison-Blanche et les artistes
Sabrina Carpenter s’ajoute à la longue liste de musiciens ayant demandé à Donald Trump et à son équipe de cesser d’utiliser leurs œuvres à des fins politiques. Depuis sa première campagne présidentielle en 2016, de nombreux artistes, parmi lesquels Beyoncé, ABBA, Céline Dion ou encore les Foo Fighters, ont exprimé leur refus catégorique de voir leur musique associée au président républicain ou à ses actions. Plus récemment, Olivia Rodrigo avait elle aussi protesté contre l’utilisation de son morceau All-American Bitch dans une vidéo gouvernementale à visée dissuasive envers les migrants sans papiers.
Dans certains cas, des artistes parviennent à obtenir la suppression de ces contenus grâce au Digital Millennium Copyright Act, qui encadre l’usage des œuvres sur les plateformes numériques. C’est par exemple ce qu’a fait le groupe MGMT, dont un morceau avait été utilisé dans une précédente campagne du Département de la sécurité intérieure.
Pourtant, malgré ces protestations répétées, l’administration Trump semble déterminée à poursuivre ces usages. La multiplication de vidéos gouvernementales intégrant des morceaux populaires – comme ceux de Charli XCX, Taylor Swift ou ABBA – laisse penser que la Maison-Blanche n’entend ni reculer ni s’aligner sur les volontés des artistes concernés. Une stratégie de communication assumée, quitte à s’attirer critiques et actions en justice.