À 80 ans, Michel Polnareff a signé un retour remarqué en ouvrant mardi 15 avril la 49e édition du Printemps de Bourges. Une première apparition dans ce rendez-vous emblématique de la scène musicale française, et un moment d’émotion pour un public conquis, qui a chanté avec ferveur les classiques d’un artiste devenu légende.
Une entrée tardive mais triomphale
Il aura fallu attendre près de soixante ans de carrière pour voir Michel Polnareff fouler la scène du Printemps de Bourges. Absent des précédentes tournées dans les années 2000 et même lors de ses grands retours en 2007 et 2016, l’auteur de Love Me, Please Love Me a enfin rattrapé ce rendez-vous manqué. C’est sous le chapiteau W, devant un public multigénérationnel, que l’“Amiral” a déroulé ses plus grands succès, de Goodbye Marylou à Lettre à France.
Installé derrière son piano, silhouette reconnaissable à ses iconiques lunettes blanches et son éternel chapeau, il a offert une performance nostalgique et intimiste. Si certains aigus se sont faits plus timides, l’énergie était bien là, et le public, indulgent et ravi, n’a pas manqué de l’accompagner en chœur tout au long du concert.
Une tournée au goût d’adieu… ou presque
Cette étape berruyère s’inscrit dans ce que Polnareff appelle lui-même sa « dernière tournée » – un clin d’œil à l’affiche de l’Olympia 1972 où il posait de dos, fesses nues, sous la mention « Polnareff revient ». Après un passage à Londres le 3 avril, l’artiste prévoit une vingtaine de dates jusqu’à l’été, avec des arrêts dans les plus grandes salles et quelques festivals triés sur le volet.
Malgré son âge et le trac toujours présent, comme il l’a confié dans une interview en marge du festival, Michel Polnareff garde une foi intacte dans la scène. « Le trac ne disparaît pas, il faut juste attendre que ça passe », a-t-il expliqué, avec une franchise qui ne surprend plus ses admirateurs.
Ce moment attendu a été précédé de deux prestations féminines : la pop sensible d’Emma Peters et l’intensité vocale de Barbara Pravi, ancienne candidate de l’Eurovision. Mais c’est bien Polnareff qui a emporté la soirée, réconciliant le Printemps avec l’une des figures majeures de la chanson française. Une ouverture douce mais puissante pour une édition du festival placée sous le signe de la mémoire et de l’émotion.