Marie Benoliel dit adieu à “Marie s’infiltre” le 20 décembre à Bercy et s'envole vers de nouveaux horizons. (France TV)
Marie Benoliel dit adieu à “Marie s’infiltre” le 20 décembre à Bercy et s’envole vers de nouveaux horizons. (France TV)

Après 10 ans sous le pseudonyme de Marie s’infiltre, Marie Benoliel s’apprête à remonter sur scène sous son vrai nom. Le 20 décembre prochain à l’Accor Arena (Bercy), elle clôturera un chapitre de sa carrière et amorcera de nouveaux projets artistiques : un road movie sur le cancer, la projection d’un documentaire sur l’exode des Juifs tunisiens et un spectacle centré sur l’exil.

Un spectacle devenu phénomène

Son show Culot, initialement créé il y a trois ans dans l’intimité du Studio des Champs-Élysées, attire désormais des milliers de spectateurs : 4 300 personnes à Lille en une semaine. La tournée mobilise 30 personnes et parcourt les plus grandes salles de France. Marie, 34 ans, et son partenaire Maxime Allouche affichent sans complexe « la folie des grandeurs », rêvant de 10 000 spectateurs à l’Accor Arena pour la fin de la tournée.

La fin d’une époque : adieu Marie s’infiltre

Bercy marquera la dernière apparition sous le pseudonyme qui l’a rendue célèbre. « Je n’ai plus rien à prouver. Je n’ai plus besoin de me cacher ni de rester enfermée dans ce personnage », explique-t-elle. Ses vidéos provocantes, infiltrant défilés Chanel ou meetings politiques, avaient séduit initialement un public jeune sur YouTube. Aujourd’hui, ses fans sont majoritairement des femmes de 30 à 60 ans, actives, instruites, issues de milieux modestes ou bourgeois, parfois séduites par des billets à prix réduits.

Une image volontairement ambiguë

Marie cultive depuis toujours un personnage intrigant. Entre photos provocantes et collaborations avec des humoristes comme Kev Adams, elle crée une aura qui fascine et déroute. Même France Inter s’était laissée surprendre en l’invitant comme nouvelle voix de la radio, avant qu’elle ne quitte l’antenne suite aux réactions des auditeurs.

Une performance hors norme

Sur scène, Marie joue le rôle d’un gourou émotionnel. Elle scrute les doutes et peurs du public avec des voix off, apparaît parfois nue, invite les spectateurs à confier leurs rêves et leurs peurs, et provoque une forme de transe collective. Entre chants, danses et monologues, elle mélange satire politique et humour : François Bayrou, Emmanuel Macron ou Donald Trump sont conspués, tandis que Rachida Dati reçoit les applaudissements. L’interaction directe avec le public reste le moment le plus drôle et spontané du spectacle.

Marie Benoliel est réputée pour son exigence et son perfectionnisme. Sa carrière fulgurante a parfois été interrompue pour des raisons de santé, nécessitant des pauses, de la méditation et des retraites loin de tout. Issue d’une famille aisée d’origine juive tunisienne et algérienne, elle a suivi un parcours académique prestigieux : hypokhâgne, khâgne, Sciences Po, prépa ENA et barreau, avant un passage au Cours Florent à 25 ans, qui a radicalement changé sa trajectoire vers la scène.

Une trajectoire hors du commun

Avec Maxime Allouche, son ami, acteur, régisseur et réalisateur, Marie a monté ses premiers spectacles seule dès 2011, avec des créations de plus de deux heures. La pandémie et la perte de proches, notamment son amie Alexia et sa grand-mère Daisy, ont été des épreuves décisives, qui ont inspiré son livre, sa musique et son deuxième spectacle, tournés vers la lutte, la liberté et la résilience.

Après Bercy et une pause au soleil, Marie se prépare à réaliser son premier film, Rien ne m’arrête, où elle jouera son propre rôle confronté à un diagnostic de cancer. Elle présentera également le documentaire tourné à Tunis sur le sort des Juifs du Maghreb après la création d’Israël et l’indépendance, avant d’explorer cette thématique dans son troisième spectacle sur l’exil, programmé pour 2027.

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