Le groupe Kneecap sous tension après l'inculpation d'un membre pour soutien à une organisation terroriste
Le groupe Kneecap sous tension après l'inculpation d'un membre pour soutien à une organisation terroriste

LONDRES – Des dizaines de fans du groupe irlandais Kneecap se sont rassemblés mercredi devant le tribunal de Westminster à Londres, alors qu’un membre du trio, Mo Chara, faisait face à une accusation liée au terrorisme. Selon lui, cette accusation serait motivée par des raisons politiques, visant à réduire au silence son soutien à la cause palestinienne, à l’approche de leur performance au festival de Glastonbury.

Mo Chara, de son vrai nom Liam Óg Ó hAnnaidh, a été libéré sous caution après l’audience. Il devra comparaître à nouveau devant la cour le 20 août prochain. L’artiste est accusé d’avoir soutenu une organisation terroriste interdite, en brandissant un drapeau du Hezbollah lors d’un concert à Londres, le 21 novembre dernier. Cette affaire a éclaté après la diffusion en ligne d’une vidéo montrant l’incident, ce qui a conduit la police antiterroriste à intervenir, a précisé la police métropolitaine de Londres.

Le procureur Michael Bisgrove a clarifié devant la cour que l’accusation n’était pas liée aux opinions de Chara sur la Palestine ou à ses critiques d’Israël. « Il a parfaitement le droit d’exprimer ses opinions et sa solidarité, tout comme n’importe qui d’autre », a déclaré le procureur. « L’allégation dans ce cas est tout autre, et concerne un enregistrement vidéo montrant M. Ó hAnnaidh brandissant le drapeau du Hezbollah, une organisation terroriste proscrite, tout en prononçant les mots ‘Vive le Hamas, vive le Hezbollah’. »

Le groupe Kneecap, connu pour ses textes abordant des thèmes comme la drogue, la vie des classes populaires et la réunification de l’Irlande, a ouvertement soutenu la cause palestinienne depuis le début de la guerre à Gaza. Leur prise de position n’a pas manqué de susciter la polémique au Royaume-Uni, notamment l’année dernière, lorsque le gouvernement précédent avait tenté de bloquer une subvention artistique pour le groupe, en raison de ses positions anti-britanniques. Cette décision a été annulée après la victoire du Parti travailliste aux élections législatives, avec Keir Starmer devenant Premier ministre.

Kneecap est programmé pour se produire ce samedi à Glastonbury, aux côtés d’artistes tels que Neil Young et Olivia Rodrigo. Le festival, qui attire chaque été environ 200 000 personnes dans la campagne anglaise, est un événement musical internationalement suivi.

À leur arrivée au tribunal, les membres de Kneecap, tous originaires d’Irlande du Nord, ont salué leurs centaines de supporters en levant le pouce. Ceux-ci brandissaient des pancartes arborant les slogans « Free Mo Chara » et « Defend Kneecap ». Avant l’audience, le groupe avait affiché dans plusieurs endroits de Londres des panneaux avec le slogan « More Blacks, More Dogs, More Irish, Mo Chara », un message qui fait écho aux anciennes affiches de propriétaires londoniens des années 1950 qui proclamaient « No Blacks, No Dogs, No Irish ».

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, Kneecap a réaffirmé sa position : « Les tribunaux britanniques ont longtemps accusé des gens du Nord de l’Irlande de ‘terrorisme’ pour des crimes qu’ils n’ont jamais commis. Nous allons les combattre. Nous allons gagner. »

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