Le groupe de rap nord-irlandais Kneecap visé par une enquête antiterroriste au Royaume-Uni
Le groupe de rap nord-irlandais Kneecap visé par une enquête antiterroriste au Royaume-Uni

Soupçonné de propos pro-Hamas et d’incitation à la violence contre des élus, le groupe de rap militant Kneecap fait face à une enquête ouverte par la police antiterroriste britannique. En pleine ascension internationale, leur présence à Glastonbury est désormais en suspens.

Des propos polémiques qui déclenchent une enquête

La police antiterroriste de Londres a confirmé, jeudi 1er mai, l’ouverture d’une enquête visant les rappeurs nord-irlandais de Kneecap après la diffusion de vidéos remontant à 2023 et 2024. Sur l’une, enregistrée lors d’un concert à Londres, un des membres du groupe scande : « Allez le Hamas, allez le Hezbollah ». Sur une autre, datée de novembre 2023, un intervenant sur scène déclare : « Un bon Tory est un Tory mort. Tuez votre député ». Ces propos ont immédiatement fait réagir la classe politique britannique, à commencer par Kemi Badenoch, ministre conservatrice, qui a réclamé l’interdiction pure et simple du groupe. Plusieurs élus demandent également leur déprogrammation du festival de Glastonbury prévu en juin.

Des annulations en cascade et une vague de soutien

En réaction, Kneecap a été déprogrammé de l’Eden Sessions, un festival dans les Cornouailles, et trois concerts prévus en Allemagne en septembre ont été annulés. Le groupe a néanmoins publié un communiqué sur ses réseaux sociaux niant tout soutien au Hamas ou au Hezbollah. « Nous condamnons toutes les attaques contre les civils, toujours », ont-ils assuré, ajoutant : « Nous ne cherchons pas à inciter à la violence. Jamais. » Ils ont également présenté leurs excuses aux familles des députés Jo Cox et David Amess, assassinés respectivement en 2016 et 2021, qui s’étaient dites profondément blessées.

Parallèlement, une mobilisation se forme autour de Kneecap. Des artistes majeurs comme Massive Attack, Pulp ou encore Fontaines D.C. ont signé une lettre dénonçant une « répression politique » et une tentative de « censure ». Connus pour leur rap mêlant anglais et gaélique, leur engagement anticolonialiste et leur énergie punk, les rappeurs de Belfast avaient déjà attiré l’attention en avril dernier au festival Coachella en projetant sur écran géant les slogans : « Israël commet un génocide » et « Fuck Israël, libérez la Palestine ».

Alors que leur carrière explose après le succès de leur album Fine Art, cette affaire pourrait fortement impacter leur visibilité et leur participation à de futurs événements internationaux.

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