Un mois après la mort du rappeur, son producteur et ses proches mettent fin aux débats sur le retrait de ses morceaux pour motifs religieux, affirmant leur volonté de laisser à chacun sa liberté d’écoute.
Un message clair pour clore la polémique
Depuis la disparition brutale de Werenoi, survenue le 17 mai à l’âge de 31 ans, une partie de ses fans appelait au retrait de sa musique des plateformes, invoquant des considérations religieuses. Certains estiment en effet que la musique serait proscrite dans certaines interprétations de l’Islam et qu’en prolonger la diffusion irait à l’encontre des convictions supposées du rappeur.
Face à cette controverse, son producteur Babiry Sacko, alias Babs, a mis fin au débat dans un communiqué publié ce jeudi sur X. « En concertation avec sa famille, et dans le respect de son œuvre, toutes les créations musicales de Werenoi réalisées de son vivant continueront d’être disponibles », a-t-il déclaré. Il a également tenu à rappeler que « chacun reste libre d’écouter — ou non — sa musique, en conscience et dans le respect mutuel ».
Une œuvre maintenue accessible
Interprète de titres à succès comme Tu connais ou 3 singes, Werenoi était devenu l’un des artistes les plus populaires du rap français, figurant même parmi les meilleures ventes d’albums en 2024. Après sa mort, plusieurs clips avaient été temporairement retirés de sa chaîne YouTube, renforçant l’idée d’un possible effacement progressif de son œuvre en ligne.
Mais cette prise de position officielle de la part de ses proches vient réaffirmer leur attachement à son héritage musical. Selon les spécialistes interrogés par La Croix, l’idée d’une interdiction de la musique dans l’Islam repose sur des lectures particulières, parfois contestées. Le mot lui-même n’apparaît pas dans le Coran, rappelle le musicologue Luis Velasco-Pufleau, qui souligne que les sociétés musulmanes ont toujours produit des formes musicales riches et variées.
La famille du rappeur choisit ainsi de défendre la mémoire de Werenoi à travers ses chansons, tout en appelant au respect des sensibilités de chacun. Une manière de conclure avec sérénité une polémique qui divisait son public depuis plusieurs semaines.