Rock en Seine : Kneecap réaffirme son soutien aux Palestiniens malgré la controverse
Rock en Seine : Kneecap réaffirme son soutien aux Palestiniens malgré la controverse

Attendu dimanche 24 août sur la scène de Rock en Seine, le trio nord-irlandais Kneecap a maintenu son engagement pro-palestinien, au cœur d’un concert sous haute surveillance. Habitué des polémiques, le groupe, qui mêle rap et revendications politiques, continue de susciter de vives réactions, entre soutien populaire et critiques institutionnelles.

Un concert encadré, un message assumé

En ouverture et en clôture de leur performance à Saint-Cloud, les trois rappeurs ont lancé à la foule : « Free, free Palestine ». Devant plusieurs milliers de spectateurs, dont certains arboraient keffiehs et maillots irlandais, ils ont également qualifié Benyamin Nétanyahou de « criminel de guerre », sans pour autant se déclarer « contre Israël ». « Je sais que nous sommes en colère, mais nous sommes seulement ici pour nous amuser », a précisé l’un des membres, tempérant le discours militant.

Avant même leur arrivée, les organisateurs avaient anticipé la polémique. « On a l’assurance que le groupe va se tenir tout à fait correctement », avait confié à l’AFP le directeur du festival Matthieu Ducos. Cette précaution n’a pas suffi à calmer les tensions : la ville de Saint-Cloud a retiré sa subvention de 40 000 euros, et la région Île-de-France a également annulé son soutien financier pour cette édition. Un désengagement sans incidence majeure pour le festival, dont le budget dépasse les 16 millions d’euros.

Entre militantisme, langue gaélique et pressions judiciaires

Dans les loges, les membres de Kneecap se disent habitués à ces remous. Déjà écartés du festival Sziget en Hongrie en août, ils poursuivent leur tournée française entamée aux Eurockéennes et poursuivie au Cabaret Vert. Leur identité musicale est indissociable de leur engagement : ils rappent majoritairement en gaélique et revendiquent un ancrage fort dans l’histoire irlandaise. « Notre langue, c’est notre culture, et la célébrer est une forme de résistance », a confié Moglai Bap à Franceinfo.

Leur militantisme s’illustre aussi sur scène. « À chaque concert je prends un moment pour parler des Palestiniens », explique Mo Chara, ajoutant que ce soutien, s’il peut sembler symbolique, compte pour ceux qui se sentent oubliés. Une position qui leur vaut aussi des poursuites : Mo Chara est actuellement mis en cause par la justice britannique pour avoir arboré un drapeau du Hezbollah lors d’un concert à Londres en 2024, un acte qu’il réfute. Il a comparu le 21 août et attend une décision pour le 26 septembre, selon l’AFP.

Malgré les controverses, Kneecap continue d’attirer un public fidèle, entre fans de leur musique hybride et soutien à leur message. À Rock en Seine, leur performance a mêlé fête et politique, fidèle à leur ligne de conduite.

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