Oasis se reforme après 15 ans : retour d’un mythe ou machine à cash ?
Oasis se reforme après 15 ans : retour d’un mythe ou machine à cash ?

Le groupe culte des années 1990 remonte sur scène le 4 juillet à Cardiff. Une reformation très attendue, mais qui soulève de nombreuses interrogations sur les motivations réelles des frères Gallagher.

Un come-back événement… et très lucratif

C’est l’un des retours les plus spectaculaires de la décennie dans l’univers du rock : après quinze ans de séparation, les frères Liam et Noel Gallagher vont rejouer ensemble sous le nom d’Oasis. Leur première date est fixée au 4 juillet à Cardiff, avant une tournée mondiale qui pourrait rapporter, selon les estimations, plusieurs centaines de millions de livres. Une étude de la banque Barclays évoque déjà 240 millions de livres générés par la billetterie au Royaume-Uni pour 1,4 million de tickets écoulés, un chiffre qui grimperait à 400 millions en incluant les produits dérivés.

D’après Matt Grimes, expert de l’industrie musicale à la Birmingham City University, chaque frère pourrait toucher environ 40 millions de livres bruts rien que pour les concerts britanniques. Les boutiques éphémères de merchandising, qui ouvriront dans plusieurs villes du Royaume-Uni et d’Irlande, devraient encore gonfler les recettes, tout comme les 24 dates prévues hors du pays, notamment aux États-Unis, en Asie et en Océanie.

Mais le succès du “Oasis Tour” reste à relativiser. À titre de comparaison, le “Eras Tour” de Taylor Swift a généré 2,2 milliards de dollars de revenus uniquement en billetterie, selon le magazine Pollstar. Un écart qui souligne l’ampleur bien plus modeste de la tournée du groupe britannique, malgré une stratégie commerciale bien huilée.

Une opération nostalgie à l’heure du live roi

Ce retour n’est pourtant pas accompagné d’un nouvel album. Le groupe capitalise sur ses classiques, notamment Definitely Maybe, qui est remonté en tête des ventes au Royaume-Uni depuis l’annonce de la tournée. Une illustration, selon Chris Anderton, spécialiste en économie culturelle à l’université de Southampton, de l’évolution du modèle économique de la musique. “On ne part plus en tournée pour vendre des disques, on part en tournée pour gagner de l’argent”, explique-t-il à l’AFP.

Le phénomène s’explique aussi par deux tendances de fond : la baisse des revenus liés au streaming et l’enthousiasme renouvelé du public pour les concerts, selon Cécile Rap-Veber, directrice générale de la Sacem. Depuis la pandémie, l’envie de vivre des événements en direct ne cesse de croître. Au point que, selon Barclays, chaque fan britannique débourse en moyenne 766 livres pour assister à un concert d’Oasis, en comptant billets, transport, hébergement et achats sur place. De quoi injecter plus d’un milliard dans l’économie du pays.

Malgré ses sorties fracassantes sur les réseaux sociaux, Liam Gallagher assure que l’argent n’est “pas la priorité” de cette reformation. Mais l’ampleur financière de l’opération, combinée à l’absence de nouvel opus, laisse planer un doute. Pour beaucoup, cette reformation relève autant du retour artistique que d’une parfaite démonstration de capitalisation sur la nostalgie.

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