Portée par l’élan du rap, de l’électro et la vitrine des Jeux olympiques de Paris, la musique française a vu ses exportations exploser en 2024, selon un bilan du Centre national de la musique.
Une année record portée par les genres urbains et les icônes olympiques
Le Centre national de la musique (CNM) a révélé jeudi 23 mai que 2024 a été une année particulièrement faste pour la musique produite ou développée en France à l’international. Au total, 303 singles et 55 albums d’artistes français ou francophones ont été certifiés à l’export (or, platine ou diamant), selon des chiffres compilés avec le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep). Ces certifications, basées sur les ventes physiques et numériques à l’étranger, traduisent un dynamisme notable, notamment dans deux genres phares : le rap et la musique électronique, qui représentent ensemble plus des deux tiers des œuvres récompensées.
Parmi les succès les plus emblématiques, le duo Justice a obtenu une certification platine pour son album Hyperdrama, porté par une tournée mondiale et un Grammy Award remporté pour le titre Neverender. Du côté du rap francophone, les albums du Belge Hamza, du Marocain ElGrandeToto ou encore du Français Ninho ont été couronnés de certifications or à l’export. Mais la vraie surprise vient du catalogue ancien : 75 % des titres certifiés datent de plus de trois ans, démontrant la longévité et la portée internationale du répertoire français.
Des réseaux sociaux aux cérémonies olympiques, la musique française rayonne
Le CNM souligne également l’influence croissante des réseaux sociaux dans la redécouverte de certains morceaux. Ainsi, Est-ce que tu m’aimes de Gims (sorti en 2015) est devenu viral sur TikTok, souvent associé à des contenus liés au football, ce qui lui a valu une nouvelle exposition internationale. Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont aussi joué un rôle inattendu mais crucial dans ce regain d’intérêt : des artistes comme Aya Nakamura, Air, Phoenix, Gojira ou Juliette Armanet ont vu certains de leurs titres anciens certifiés à l’export après leurs prestations pendant les cérémonies officielles.
Aya Nakamura, en particulier, a franchi un nouveau cap avec Baddies, son duo estival avec Joé Dwèt Filé, lui permettant de décrocher sa 27e certification à l’export, selon son label Warner. Enfin, le classique Hymne à l’amour d’Édith Piaf, repris par Céline Dion lors de l’ouverture des JO, s’est imposé comme le morceau le plus ancien certifié à l’international en 2024, atteignant le statut platine.
Entre le succès viral, la transmission générationnelle et la scène mondiale, la musique française continue de se réinventer à l’étranger. Un phénomène que le CNM résume comme “une démonstration de la puissance d’un répertoire culturel en perpétuelle transformation”.