Insolite - Le pianiste Igor Levit se lance un défi fou et va jouer 840 fois d’affilée la même partition au Queen Elizabeth Hall de Londres
Insolite – Le pianiste Igor Levit se lance un défi fou et va jouer 840 fois d’affilée la même partition au Queen Elizabeth Hall de Londres

Le pianiste germano-russe Igor Levit se prépare à une performance hors du commun : interpréter 840 fois consécutivement « Vexations » d’Erik Satie, une partition d’une seule page, lors d’un concert marathon de plus de 16 heures, les 24 et 25 avril 2025, au Queen Elizabeth Hall de Londres. Cette prestation, dirigée par l’artiste Marina Abramović, s’inscrit dans le cadre du festival Multitudes du Southbank Centre.

Une œuvre minimaliste, un effort maximal

Composée en 1893, « Vexations » est une pièce énigmatique d’Erik Satie, conçue pour être répétée 840 fois. Cette instruction, longtemps restée théorique, a été réalisée pour la première fois en 1963 sous la direction de John Cage, avec plusieurs pianistes se relayant. Igor Levit, quant à lui, relèvera seul ce défi, sans interruption. 

Une collaboration avec Marina Abramović

Marina Abramović, figure emblématique de l’art de la performance, dirige cette expérience immersive. Elle a conçu une mise en scène épurée, avec des effets lumineux subtils et une plateforme qui se désintègre progressivement, symbolisant la décomposition et rapprochant le public du pianiste. 

Un exploit d’endurance et de concentration

Pour tenir la distance, Igor Levit disposera d’un siège inclinable et d’un paravent pour des pauses discrètes, tout en restant sur scène. Des collations et de l’eau seront à sa disposition. Le public pourra assister à tout ou partie du concert, avec des billets horaires ou pour l’ensemble de la performance. 

Une première en public

En 2020, lors du confinement, Levit avait déjà interprété « Vexations » en streaming depuis son studio berlinois, pendant 15,5 heures, pour soutenir les musiciens indépendants affectés par la pandémie. Cette fois, il s’agit de sa première exécution intégrale en public. 

Marina Abramović décrit cette performance comme une « expérience unique » de silence, d’endurance et de méditation. Levit, de son côté, encourage le public à « se laisser aller » et à plonger dans cet espace temporel suspendu. 

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