À l’occasion du cinquantenaire de Horses, premier album culte de Patti Smith, le photographe Claude Gassian publie un recueil de photos jamais montrées auparavant, accompagnées d’une exposition parisienne. Ces images saisies en 1976 dévoilent la chanteuse américaine au début de sa carrière, entre énergie brute et instants de grâce.
Une rencontre fondatrice entre deux artistes
Claude Gassian n’a jamais oublié sa première écoute de Horses, en 1975. « Une claque électrique », raconte-t-il dans plusieurs interviews, notamment à Franceinfo Culture. Obsédé par ce disque et fasciné par l’aura de Patti Smith, il obtient, l’année suivante, l’opportunité de la suivre durant deux séjours à Paris. Elle y donnait ses premiers concerts français, se recueillait au Père-Lachaise sur la tombe de Jim Morrison, déambulait dans les rues de la capitale, posait devant des disquaires ou dans un bac à sable place des Vosges.
Ce sont ces moments suspendus que Gassian rassemble aujourd’hui dans Patti Smith – Horses Paris 1976, publié chez Gallimard. Le livre, préfacé par Patti Smith elle-même, réunit des clichés en grande partie inédits, longtemps restés enfouis dans ses archives. Certains d’entre eux, tirés pour la première fois, capturent une artiste encore méconnue, d’une fraîcheur désarmante et d’une intensité vibrante. « Il y avait chez elle une forme de candeur, une disponibilité que je n’aurais plus pu capter quelques années plus tard », confie Gassian à Ouest-France.
Une exposition entre rock et quête d’intimité
En parallèle de cette publication, l’exposition Ailleurs, exactement présentée à la galerie Rabouan Moussion, à Paris, du 18 octobre au 22 novembre 2025, propose une centaine de photos du photographe, dont une sélection issue des séances parisiennes avec Patti Smith. S’y ajoutent des portraits iconiques de figures majeures de la scène musicale – de Lou Reed à Madonna en passant par les Rolling Stones – mais aussi des travaux plus personnels, comme ses séries Tracés électriques ou Autoroutes, aux accents picturaux.
Selon Thierry Raspail, commissaire d’exposition, Gassian cherche à « éliminer le surplus, toucher au plus profond, saisir l’instant diaphane », loin du vacarme de la scène. Ce que traduisent notamment ses portraits de Smith : tantôt habités, tantôt apaisés, ils dessinent une artiste en devenir, captée dans la fragilité du réel. À 71 ans, le photographe autodidacte semble ouvrir une nouvelle phase de son œuvre en explorant ses propres archives. Et révèle, à travers ces images d’un autre temps, un regard qui ne cherche pas la pose, mais l’être derrière la célébrité.