Entre déclaration politique et performance familiale, Beyoncé a inauguré sa nouvelle tournée mondiale le 28 avril au SoFi Stadium de Los Angeles avec un show à la fois spectaculaire et engagé. Sur scène, ses deux filles, Blue Ivy et Rumi, ont ému les fans venus en masse assister à cette première date du Cowboy Carter Tour.
Une première date spectaculaire en forme de manifeste
C’est portée par les sons de Cowboy Carter, son dernier album très inspiré par l’Amérique rurale, que Beyoncé a ouvert cette nouvelle tournée devant un stade comble. Après avoir survolé la scène à bord d’un bolide rouge, la chanteuse a enchaîné près de quarante morceaux, mêlant nouveautés et tubes emblématiques comme Formation, Crazy in Love ou Diva. Mais le spectacle ne s’est pas limité à la musique : chaque séquence était soigneusement scénographiée, imbriquant chorégraphies explosives, visuels monumentaux et clins d’œil à la culture afro-américaine.
Dès le premier titre, American Requiem, Beyoncé a planté le décor : « Ils disaient que je n’étais pas assez country. » Ce message de rejet, déjà central dans l’album, se transforme ici en acte de résistance artistique. L’un des moments les plus forts du concert est une scène stylisée où la chanteuse affronte un cow-boy blanc dans un duel, métaphore puissante de son exclusion passée de l’univers de la country, encore largement dominé par une industrie blanche conservatrice.
Une tournée politique… et intime
La portée politique de la soirée a culminé avec l’interprétation de l’hymne américain, The Star-Spangled Banner, dans une version inspirée de celle de Jimi Hendrix à Woodstock, suivie d’un message projeté en lettres rouges géantes : « Ne demandez jamais la permission pour quelque chose qui vous appartient déjà. » Un slogan sans ambiguïté, qui vient prolonger les engagements déjà exprimés par Beyoncé dans Lemonade ou Black Parade.
Mais la puissance du show résidait aussi dans sa dimension personnelle. Blue Ivy, 13 ans, a retrouvé sa mère sur scène pour une chorégraphie maîtrisée sur America Has a Problem, confirmant son aisance acquise lors de la tournée Renaissance. Plus inattendue, l’apparition de Rumi, 7 ans, dans une robe dorée à plumes pendant le titre Protector a bouleversé le public : un moment tendre où la superstar célébrait son amour maternel en musique.
Beyoncé poursuit sa tournée aux États-Unis jusqu’en juillet, avec deux haltes prévues en Europe : à Londres du 5 au 16 juin, puis à Paris au Stade de France les 19, 21 et 22 juin. Une série de concerts qui s’annonce déjà comme l’un des événements culturels majeurs de l’année.