Un drone lancé par les rebelles houthis du Yémen a réussi dimanche à franchir le bouclier antimissile israélien avant de s’écraser sur l’aéroport de Ramon, dans le sud d’Israël. L’impact a soufflé des vitres, blessé légèrement un homme et entraîné la suspension temporaire du trafic aérien. Les Houthis, alliés de l’Iran, ont revendiqué cette attaque, affirmant vouloir accroître leurs opérations contre Israël en riposte à la mort de leur Premier ministre, tué la semaine dernière par une frappe israélienne à Sanaa.
C’est la première fois depuis plusieurs mois qu’une attaque houthie cause des dégâts directs à une infrastructure israélienne. Selon le mouvement, huit drones avaient été envoyés, dont trois abattus à la frontière égyptienne. L’armée israélienne enquête sur l’échec de son système de défense à intercepter l’appareil qui a atteint l’aéroport, sans déclencher d’alerte. Le groupe rebelle a prévenu que les aéroports israéliens seraient désormais des cibles régulières.
Escalade à Gaza et décision inédite de la justice israélienne
En parallèle, Tsahal a poursuivi son offensive sur Gaza City en détruisant un nouvel immeuble de sept étages, présenté comme une base de renseignement du Hamas. Des centaines de Palestiniens déplacés y avaient trouvé refuge. Selon le Hamas, il ne s’agissait que d’un prétexte pour bombarder des zones résidentielles. Des frappes sur une école et des habitations ont également fait au moins treize morts, dont six enfants. Le ministère de la Santé de Gaza affirme que plus de 64 000 Palestiniens, en majorité des civils, ont péri depuis le début de la guerre.
Dans ce contexte, la Cour suprême israélienne a ordonné dimanche à l’État d’assurer un minimum vital aux milliers de Palestiniens détenus, jugeant que les conditions d’incarcération violaient la loi. Cette décision, saluée par les ONG locales, constitue une rare limite imposée par la justice aux politiques de guerre du gouvernement.
Trump annonce une percée diplomatique contestée
Depuis Washington, Donald Trump a affirmé qu’Israël avait accepté sa proposition de cessez-le-feu et exhorté le Hamas à faire de même, menaçant le mouvement de « conséquences » en cas de refus. Ni le gouvernement israélien ni le Hamas n’ont confirmé ses dires. L’initiative, dont les contours restent flous, prévoit un arrêt temporaire des combats et un échange d’otages contre des prisonniers palestiniens.
Si les familles des otages ont accueilli favorablement l’annonce de Trump, beaucoup redoutent que la poursuite de l’offensive terrestre de Benjamin Netanyahou mette en péril les derniers captifs encore en vie. Malgré les pressions internationales et l’aggravation de la crise humanitaire, le Premier ministre israélien a promis de poursuivre les opérations militaires, préférant selon ses mots « une victoire sur nos ennemis à une victoire sur la propagande ».