Syrie : les hôpitaux de Sweida à bout de souffle après des affrontements sectaires meurtriers
Syrie : les hôpitaux de Sweida à bout de souffle après des affrontements sectaires meurtriers

GENÈVE – La situation humanitaire devient critique à Sweida, dans le sud de la Syrie, où les hôpitaux peinent à faire face à un afflux massif de blessés après des affrontements sanglants ayant opposé la minorité druze locale à des tribus bédouines sunnites et aux forces gouvernementales, a alerté vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« C’est une image sombre à l’intérieur de Sweida, avec des établissements de santé sous une pression immense », a déclaré Christina Bethke, représentante de l’OMS à Damas, lors d’un point de presse en visioconférence depuis la capitale syrienne. Elle a précisé que l’hôpital principal de la ville fonctionne sans électricité ni eau courante et que les stocks de médicaments essentiels sont en voie d’épuisement.

Les violences ont débuté il y a près de deux semaines, lorsque des tensions entre milices druzes et tribus bédouines ont dégénéré en affrontements de grande ampleur. La répression par les troupes du régime syrien a intensifié les combats, provoquant une flambée de violences sectaires sans précédent dans cette région majoritairement druze.

Le bilan humain est particulièrement lourd. Selon le Réseau syrien des droits de l’homme, au moins 903 personnes ont été tuées dans les combats. Le service de médecine légale de l’hôpital principal de Sweida a été débordé en début de semaine, sa morgue étant saturée face à l’arrivée continue de cadavres.

La situation est également compliquée par l’impossibilité pour une partie du personnel soignant de se rendre au travail en raison de l’insécurité persistante. Les accès routiers sont menacés par les combats et la présence d’unités armées hostiles. Les patients, en majorité des blessés graves, affluent dans des conditions extrêmes.

Face à cette crise, l’OMS appelle à une intervention humanitaire urgente et à la garantie de couloirs sécurisés pour acheminer les secours médicaux et permettre aux soignants de rejoindre les hôpitaux. Mais pour l’instant, la poursuite des combats et l’absence de trêve rendent ces efforts extrêmement difficiles à mettre en œuvre.

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