Syrie : les agriculteurs frappés par la sécheresse espèrent un redémarrage grâce à la levée des sanctions
Syrie : les agriculteurs frappés par la sécheresse espèrent un redémarrage grâce à la levée des sanctions

ALEP – Alors que la Syrie traverse l’une de ses pires sécheresses depuis des décennies, les agriculteurs syriens, comme Asaad Ezzeldin, voient leur avenir suspendu à une décision politique : la levée imminente des sanctions internationales. Selon les prévisions de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près de 75 % des récoltes de blé du pays pourraient échouer cette année, menaçant la sécurité alimentaire de millions de Syriens.

« L’agriculture dans les campagnes du nord d’Alep est touchée par le manque d’irrigation. Il n’y a pas de précipitations », déplore Ezzeldin, 45 ans, dont les terres sont à sec, faute de pluie et de moyens d’irrigation. La FAO estime à 2,7 millions de tonnes le déficit de blé cette année, ce qui correspond aux besoins annuels de près de 16,3 millions de personnes.

Avant la guerre et sous le régime de Bachar al-Assad, la Syrie parvenait à compenser les sécheresses par des importations de blé russe. Mais depuis le renversement du président par les rebelles islamistes, Moscou a suspendu ses livraisons, invoquant l’instabilité politique du nouveau pouvoir syrien. Le secteur agricole, déjà exsangue après treize ans de guerre civile, se retrouve aujourd’hui dans une impasse.

Un espoir renaît néanmoins. Le président américain Donald Trump a annoncé la semaine dernière son intention de lever l’ensemble des sanctions américaines visant la Syrie. Un allègement progressif devrait intervenir dans les prochaines semaines. « Cela pourrait changer la donne », estime Toni Ettel, représentant de la FAO en Syrie, en évoquant la possibilité de relancer l’irrigation et de moderniser les infrastructures agricoles grâce à un afflux de fonds étrangers.

L’Union européenne, de son côté, discute également d’un assouplissement de ses propres sanctions économiques. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré espérer un accord rapide entre les États membres, bien que certains gouvernements jugent les mesures déjà adoptées — notamment dans les secteurs de l’énergie, des transports et de la reconstruction — encore insuffisantes pour relancer l’économie syrienne.

En attendant des décisions concrètes, les agriculteurs syriens demeurent à la merci du climat et des vents diplomatiques. Pour eux, la levée des sanctions représente non seulement une chance de survie, mais aussi un premier pas vers la reconstruction d’un pays en ruines.

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