Le conflit entre Israël et l’Iran s’est intensifié jeudi avec une série de frappes aériennes et de tirs de missiles qui ont provoqué d’importants dégâts et de nombreuses victimes civiles des deux côtés. À Beersheba, dans le sud d’Israël, un missile iranien a directement frappé le centre médical Soroka, blessant au moins 240 personnes, dont plusieurs gravement. Israël a immédiatement répliqué par une attaque ciblée contre le réacteur à eau lourde d’Arak, en Iran. Téhéran a assuré qu’aucune fuite radioactive n’avait été constatée, le site ayant été évacué à l’avance.
Dans une déclaration aux accents particulièrement agressifs, le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a directement désigné le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, comme responsable des violences. Il a affirmé que « cet homme ne peut plus continuer à exister » et que l’armée israélienne avait reçu des instructions claires à ce sujet. Le président américain Donald Trump, quant à lui, a laissé entendre qu’il déciderait dans les deux semaines s’il ordonnera une frappe militaire directe contre l’Iran. Il a cependant indiqué qu’il existait encore une « chance substantielle » de parvenir à une solution diplomatique.
Sur le terrain, le bilan humain est lourd. Selon l’ONG Human Rights Activists, basée à Washington, au moins 657 personnes ont été tuées en Iran par les frappes israéliennes en une semaine, dont 263 civils. Plus de 2 000 personnes auraient été blessées. Téhéran minimise ces chiffres et n’a pas publié de mise à jour officielle récente. En parallèle, l’armée israélienne affirme avoir détruit près de deux tiers des lanceurs de missiles balistiques de l’Iran.
La situation à Gaza reste également dramatique. Un bombardement israélien sur le camp de Shati, dans le nord de la bande de Gaza, a fait 19 morts, dont plusieurs enfants, et blessé 70 autres. Les hôpitaux, déjà débordés, peinent à traiter les blessés. Selon les autorités sanitaires locales, plus de 55 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de la guerre avec le Hamas en octobre 2023.
Sur le plan diplomatique, de nombreuses voix appellent à une désescalade urgente. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réaffirmé que seule la diplomatie pouvait éviter un embrasement régional. Des réunions sont prévues à Genève entre l’Iran et les ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne. La Chine et la Russie ont également appelé à un cessez-le-feu immédiat, tout en dénonçant les frappes israéliennes.
Mais la tension ne faiblit pas. Les milices chiites irakiennes ont menacé de viser des citoyens américains si l’ayatollah Khamenei était assassiné. En Israël, la censure militaire empêche les médias de divulguer certains détails sur les lieux des frappes. Quant à la population civile, elle continue de fuir les zones à risque, alors que de nombreux pays, dont le Canada, le Japon et l’Indonésie, organisent des évacuations d’urgence pour leurs ressortissants.