Le mouvement islamiste Hamas a libéré lundi un soldat israélo-américain détenu à Gaza depuis plus de 19 mois, dans un geste de bonne volonté à l’égard de l’administration Trump, qui pourrait ouvrir la voie à un nouveau cessez-le-feu avec Israël. Edan Alexander, 21 ans, est le premier otage libéré depuis la fin d’une trêve de huit semaines en mars dernier.
Capturé lors de l’attaque transfrontalière du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, Alexander a été remis au Comité international de la Croix-Rouge, puis transféré à l’armée israélienne avant d’être évacué par hélicoptère vers un hôpital de Tel-Aviv. Les autorités israéliennes ont diffusé des images montrant un jeune homme amaigri mais souriant, retrouvant sa mère et d’autres membres de sa famille dans une scène poignante.
Dans sa ville natale de Tenafly, dans le New Jersey, des centaines de personnes ont célébré sa libération en agitant des drapeaux israéliens et en diffusant de la musique. Depuis sa capture, des rassemblements hebdomadaires y avaient lieu pour réclamer la libération des otages. Alexander était âgé de 19 ans au moment de son enlèvement.
La libération intervient à la veille de la visite de Donald Trump au Moyen-Orient, son premier voyage officiel à l’étranger depuis le début de son second mandat. Le président américain a salué l’annonce comme un « acte de bonne foi » envers les États-Unis et les médiateurs, le Qatar et l’Égypte. « Espérons que ce soit le premier pas vers la fin de ce conflit brutal », a-t-il déclaré.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a immédiatement ordonné l’envoi d’une délégation de négociateurs à Doha. Il a affirmé que la libération d’Alexander était due à la « pression militaire israélienne et à la pression diplomatique exercée par le président Trump, une combinaison gagnante ».
Si cette libération a suscité un immense soulagement, elle a aussi ravivé les critiques contre Netanyahou, accusé de dépendre de l’aide d’un président étranger pour obtenir la libération de ses citoyens. À l’ouverture de son procès pour corruption, une femme dans la salle d’audience l’a interpellé : « N’avez-vous pas honte que le président des États-Unis sauve ses citoyens pendant que vous les laissez mourir en captivité ? »
Israël maintient son intention de poursuivre son offensive à Gaza, bien que les frappes aient été momentanément suspendues dans l’espoir d’un nouveau cessez-le-feu. Lundi soir, une frappe israélienne sur l’hôpital Nasser à Khan Younès a tué deux personnes, selon les autorités locales. L’armée israélienne affirme avoir ciblé des membres du Hamas dans un centre de commandement situé au sein de l’établissement.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 52 800 Palestiniens ont été tués depuis le début du conflit, dont un grand nombre de femmes et d’enfants. Le territoire reste dévasté, avec 90 % de la population déplacée. En parallèle, 58 otages seraient encore retenus à Gaza, dont 23 seraient toujours en vie.