Les forces israéliennes ont mené jeudi plusieurs frappes meurtrières dans la bande de Gaza, faisant au moins 27 morts, selon les autorités médicales locales. Parmi les victimes figurent trois personnes tuées dans une frappe qui a touché l’église catholique de la Sainte Famille, un lieu de culte régulièrement mentionné par le pape François dans ses messages sur le conflit. L’attaque a suscité une vive émotion, tant au sein des autorités religieuses que sur la scène diplomatique internationale.
Selon le Patriarcat latin de Jérusalem, deux femmes et un homme ont péri dans l’enceinte de l’église, où ils s’étaient réfugiés après avoir perdu leur maison. « Le Patriarcat latin condamne fermement cette tragédie et ce ciblage de civils innocents et d’un lieu sacré », peut-on lire dans un communiqué. L’édifice religieux, l’un des rares encore en activité à Gaza, a été partiellement endommagé, notamment son toit près de la croix centrale. Le père Gabriele Romanelli, prêtre argentin proche du pape François, a été blessé à la jambe et hospitalisé à Al-Ahly.
Le pape Léon XIII s’est déclaré « profondément attristé » par l’événement et a renouvelé son appel à un cessez-le-feu immédiat. La cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, a condamné « toute attaque visant des civils », jugeant ces actes « inacceptables ». L’armée israélienne a affirmé enquêter sur les circonstances de l’incident, tout en niant avoir intentionnellement visé un site religieux.
Outre l’église, les frappes israéliennes ont fait des victimes dans plusieurs autres secteurs. À Jabalia, au nord de Gaza, un homme, sa femme et leurs cinq enfants ont été tués. Huit hommes protégeant un convoi d’aide humanitaire ont également trouvé la mort dans une attaque distincte. D’autres frappes ont été signalées dans les zones de Zeitoun et du centre de l’enclave.
Ces violences surviennent alors que les négociations de cessez-le-feu, menées depuis plus de dix jours à Doha sous médiation du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis, peinent à aboutir. Un responsable du Hamas a confirmé à Reuters que des propositions israéliennes révisées avaient été soumises, notamment un retrait militaire plus marqué. Mais selon plusieurs sources au sein du groupe palestinien, les avancées restent insuffisantes, notamment sur les garanties de fin durable des hostilités et l’acheminement de l’aide humanitaire.
Le projet d’accord inclurait la libération de dix otages israéliens vivants et la restitution des corps de dix-huit autres, en échange de la libération de prisonniers palestiniens par Israël. Aucune estimation précise du nombre de détenus concernés n’a été fournie. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a pas commenté publiquement les dernières évolutions des pourparlers.
Selon les autorités sanitaires de Gaza, la campagne militaire israélienne aurait déjà coûté la vie à plus de 58 000 Palestiniens. En Israël, environ 1 650 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont 1 200 lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Malgré la pression internationale, les perspectives de trêve restent incertaines, alors que les pertes humaines continuent de s’alourdir chaque jour.