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Le Sénat du Zimbabwe a approuvé mercredi un projet de loi controversé qui pourrait permettre au président Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030. Le texte prévoit notamment de prolonger la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, une réforme qui marque un tournant majeur dans la vie politique du pays.

Lors du vote, 75 sénateurs se sont prononcés en faveur du projet de loi, tandis que quatre ont voté contre. Ce résultat dépasse largement la majorité des deux tiers requise pour modifier la Constitution. Le texte doit désormais être promulgué par le président Mnangagwa pour entrer officiellement en vigueur.

La réforme comprend également une disposition particulièrement sensible : l’élection du président par le Parlement plutôt que par un vote direct des citoyens. Cette mesure suscite de vives inquiétudes parmi les opposants, qui y voient un recul démocratique et une concentration accrue du pouvoir entre les mains du parti au pouvoir.

Les spéculations sur la volonté d’Emmerson Mnangagwa, âgé de 83 ans, de prolonger son règne circulent depuis plusieurs années. Dès 2024, ses partisans avaient commencé à réclamer publiquement qu’il dispose de davantage de temps pour mener à bien son programme politique. L’an dernier, le parti au pouvoir, la ZANU-PF, avait officiellement adopté une résolution en faveur d’une réforme constitutionnelle permettant d’allonger les mandats présidentiels.

Arrivé au pouvoir en 2017 à la suite du coup d’État militaire qui avait renversé Robert Mugabe, dirigeant du Zimbabwe depuis l’indépendance en 1980, Mnangagwa avait initialement promis une nouvelle ère politique. Toutefois, ses détracteurs estiment aujourd’hui que cette réforme vise avant tout à prolonger son maintien à la tête du pays au-delà de son second mandat, qui doit normalement s’achever en 2028.

Les partisans du projet de loi défendent au contraire une réforme destinée à renforcer la stabilité politique et la responsabilité des dirigeants. Mais pour de nombreux observateurs, ce vote pourrait redessiner durablement l’équilibre institutionnel du Zimbabwe et raviver les débats sur l’état de la démocratie dans le pays.

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