Les gouverneurs républicains de Virginie-Occidentale, de Caroline du Sud et de l’Ohio ont annoncé samedi l’envoi de centaines de soldats de la Garde nationale à Washington, à la demande du président Donald Trump. L’administration fédérale justifie ce déploiement par une situation qualifiée d’« urgence » liée à la criminalité et au sans-abrisme dans la capitale américaine.
En Virginie-Occidentale, entre 300 et 400 militaires spécialisés seront mobilisés. La Caroline du Sud a confirmé l’envoi de 200 soldats, tandis que l’Ohio déploiera 150 policiers militaires, selon le gouverneur. Ces renforts s’ajoutent aux unités déjà présentes à Washington, après que Trump a décidé cette semaine de fédéraliser temporairement le département de police métropolitain, suscitant une vive controverse.
La décision est intervenue au lendemain d’un accord entre la Maison Blanche et les autorités locales de Washington, qui a permis à la cheffe de la police Pamela Smith, nommée par la maire démocrate Muriel Bowser, de conserver ses fonctions. Cet arrangement a été conclu alors que le procureur général du district, Brian Schwalb, avait déposé une plainte pour tenter de bloquer la prise de contrôle fédérale de la police.
Donald Trump, qui accuse la capitale d’être « envahie par la criminalité », a affirmé vouloir rétablir l’ordre par ce déploiement exceptionnel. Mais les chiffres du ministère de la Justice contredisent ce diagnostic : en 2024, Washington a enregistré son plus bas niveau de criminalité violente depuis trois décennies.
Cette intervention, sans précédent depuis des décennies, souligne les tensions politiques entre une administration républicaine cherchant à imposer son autorité et des responsables locaux démocrates soucieux de préserver l’autonomie du district fédéral. Elle risque aussi de raviver le débat national sur l’usage de la Garde nationale à des fins de sécurité intérieure et sur l’équilibre des pouvoirs entre l’État fédéral et les autorités locales.