Le secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau, a annoncé mardi avoir tenu des discussions avec le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, au sujet de la sécurité régionale et de la lutte contre les groupes armés opérant au Sahel. Dans un message publié sur X, le diplomate a salué « les efforts des forces armées maliennes dans leur lutte contre les militants extrémistes islamistes du JNIM », tout en réaffirmant l’engagement des États-Unis en faveur de la stabilité du Mali.
Ces échanges interviennent dans un contexte de forte tension sécuritaire. Depuis début septembre, le groupe djihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a imposé un blocus des importations de carburant vers le Mali. Cette manœuvre, combinée à une série d’attaques ciblant les convois de camions-citernes, a provoqué de graves pénuries à Bamako et dans plusieurs régions du pays, paralysant partiellement l’économie et accentuant la pression sur les autorités de transition.
Le département d’État américain a d’ailleurs ordonné la semaine dernière l’évacuation des employés non essentiels de son ambassade à Bamako, invoquant une détérioration des conditions de sécurité. Washington a réitéré ses inquiétudes face à la progression du JNIM, qui contrôle désormais plusieurs axes stratégiques dans un rayon de 50 kilomètres autour de la capitale malienne.
Les observateurs estiment cependant qu’une prise de contrôle de Bamako reste improbable à court terme. « Le JNIM n’a ni la capacité militaire ni la volonté politique de s’emparer de la capitale », soulignent plusieurs analystes cités par Reuters. Néanmoins, la multiplication des attaques et les difficultés d’approvisionnement nourrissent la peur d’un effondrement progressif du contrôle de l’État dans certaines zones rurales.
Dans les régions du centre et du nord du pays, les djihadistes ont également imposé des restrictions sévères à la circulation et décrété le port obligatoire du hijab pour les femmes dans les transports publics. Ces mesures symbolisent, selon les experts, la volonté du JNIM d’étendre son influence sociale et religieuse, au-delà de la seule confrontation armée.
Les discussions entre Landau et Diop traduisent la volonté de Washington de maintenir un dialogue diplomatique avec le régime de transition malien, malgré la réduction de la présence militaire occidentale dans la région. Elles pourraient ouvrir la voie à un renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines du renseignement, de la logistique et de la lutte antiterroriste, alors que le Mali tente de contenir une insurrection qui menace désormais le cœur même de sa capitale.