Le Parlement vénézuélien, dominé par le parti au pouvoir, a adopté jeudi une loi d’amnistie limitée visant à accorder une grâce à certaines personnes emprisonnées pour leur participation à des manifestations politiques. Le texte, approuvé lors d’un second vote favorable, a été soutenu par le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, mais il suscite de vives critiques de la part d’organisations de défense des droits humains.
Selon ces organisations, les dispositions prévues pourraient exclure de nombreux prisonniers considérés comme détenus politiques. Elles estiment que la loi ne permettra pas d’alléger de manière significative la situation de centaines de personnes toujours incarcérées, dénonçant un champ d’application jugé trop restreint.
Des parlementaires de l’opposition ont néanmoins soutenu un projet de loi qu’ils qualifient d’« imparfait », exhortant le gouvernement à respecter et appliquer pleinement les mesures prévues. Pour certains élus, même limitée, l’amnistie pourrait constituer une avancée pour des familles confrontées depuis des années à des procédures judiciaires controversées.
Une organisation de défense des droits humains a appelé au démantèlement de ce qu’elle décrit comme un système de répression politique, estimant que la loi ne traite pas les causes structurelles des arrestations et poursuites liées aux protestations.
L’adoption de ce texte intervient dans un contexte politique tendu au Venezuela, marqué par des accusations récurrentes de dérives autoritaires. Si le gouvernement présente la loi comme un geste d’ouverture, ses détracteurs considèrent qu’elle reste insuffisante pour restaurer pleinement l’État de droit et la confiance dans les institutions.