Un espion israélien réfugié à l’ambassade d’Ukraine à Beyrouth : une mystérieuse fuite qui embarrasse les autorités libanaises
Un espion israélien réfugié à l’ambassade d’Ukraine à Beyrouth : une mystérieuse fuite qui embarrasse les autorités libanaises

Une frappe aérienne israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth a déclenché des tensions sécuritaire aux ramifications sensibles mêlant espionnage, diplomatie et rivalités régionales. Selon plusieurs informations de sécurité relayées par le média libanais Lebanon Debate, un homme soupçonné d’être un agent du Mossad aurait réussi à s’échapper après le bombardement d’un immeuble où se trouvaient plusieurs individus suspectés de collaborer avec les services israéliens.

Parmi les fugitifs figure Khaled al-Aidi, Palestinien d’origine syrienne qui aurait fui la guerre en Syrie, en se rendant en Ukraine avant d’y obtenir la nationalité ukrainienne. Les enquêteurs libanais estiment qu’il aurait été recruté par le Mossad avant d’être envoyé au Liban pour diriger une cellule chargée de collecter des informations sur des positions et infrastructures du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth.

Selon l’enquête, cette cellule était notamment composée d’un Libanais nommé Mohammed Saleh. Sa mission consistait à repérer des sites sensibles, à les observer et à transmettre des données logistiques précises. Plusieurs lieux surveillés auraient ensuite été visés par des frappes israéliennes. Les autorités soupçonnent également que les informations recueillies par ce réseau aient contribué à identifier certaines infrastructures liées à l’assassinat de l’ancien secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Une cellule clandestine et des projets d’attentats

Après une première phase d’activité, certains membres de la cellule auraient quitté temporairement le Liban. Des sources évoquent un passage en Bulgarie où ils auraient reçu une récompense financière avant de revenir à Beyrouth pour poursuivre leurs opérations.

Les investigations menées par la Sûreté générale libanaise ont ensuite mis au jour un entrepôt loué dans la région de Naqqach. Derrière l’apparence d’un simple hangar de stockage, les enquêteurs ont découvert du matériel pouvant servir à fabriquer des engins explosifs improvisés, ainsi que des motos préparées pour des attentats. D’autres éléments ont conduit à un second site dans la région d’Aramoun et à un véhicule équipé d’une mitrailleuse contrôlée à distance.

Selon les aveux obtenus lors des interrogatoires, la cellule aurait préparé plusieurs attaques destinées à être déclenchées lors de la commémoration de l’anniversaire de l’assassinat de Hassan Nasrallah. Le plan aurait consisté à attribuer ces attentats à un groupe extrémiste syrien afin de provoquer des tensions confessionnelles au Liban et détourner les soupçons.

Mais avant que ces opérations ne soient menées, l’enquête a progressé. Mohammed Saleh et d’autres suspects ont été arrêtés, tandis que plusieurs membres du réseau auraient quitté le pays en utilisant des passeports européens.

Une fuite vers une ambassade qui embarrasse Beyrouth

Khaled al-Aidi, lui, est resté introuvable jusqu’à la frappe israélienne sur un immeuble de la banlieue sud. Profitant du chaos provoqué par l’explosion, il aurait réussi à s’enfuir. Quelques heures plus tard, selon ces mêmes sources, il aurait contacté l’ambassade d’Ukraine à Beyrouth.

Un véhicule diplomatique serait alors venu le récupérer pour le conduire à l’intérieur de la mission diplomatique située à Baabda. L’ambassade aurait ensuite sollicité la Sûreté générale libanaise pour obtenir un document de voyage destiné à un ressortissant ukrainien ayant perdu ses papiers. Mais la vérification de son identité aurait révélé qu’il s’agissait du même homme recherché dans l’enquête.

Les autorités libanaises auraient répondu qu’elles ne s’opposaient pas à son départ du territoire mais demandé à être informées de la date de sortie du pays. La mission diplomatique n’aurait toutefois pas donné suite à cette demande. Selon plusieurs sources sécuritaires, Khaled al-Aidi se trouverait toujours à l’intérieur de l’ambassade d’Ukraine.

L’affaire soulève désormais des questions juridiques et diplomatiques sensibles. La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques prévoit que les ambassades doivent respecter les lois du pays hôte et ne pas utiliser leurs locaux d’une manière incompatible avec leurs fonctions. Dans ce contexte, les autorités libanaises s’interrogent sur l’éventuelle utilisation de l’immunité diplomatique pour protéger un individu soupçonné d’être au cœur d’un réseau d’espionnage particulièrement sensible.

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