Un jury fédéral de Los Angeles a reconnu coupable de torture un ancien haut responsable syrien ayant dirigé une prison sous le régime de Bachar al-Assad, a annoncé le ministère américain de la Justice.
Samir Ousman Alsheikh, âgé de 73 ans, a été condamné pour complot en vue de commettre des actes de torture ainsi que pour trois chefs d’accusation liés à des faits de torture commis dans la prison d’Adra, près de Damas. Il dirigeait cet établissement entre 2005 et 2008.
Selon l’accusation, il aurait ordonné à ses subordonnés d’infliger de graves souffrances physiques et psychologiques à des détenus, dont de nombreux prisonniers politiques. Le ministère de la Justice affirme également qu’il aurait, à certaines occasions, participé directement à ces actes.
Lors du procès, Alsheikh a plaidé non coupable. À l’issue du verdict, son équipe de défense s’est dite « déçue » et a annoncé son intention de faire appel de la décision.
Le jury l’a également reconnu coupable d’avoir menti aux autorités américaines de l’immigration. Il lui est reproché d’avoir dissimulé son passé pour obtenir frauduleusement une carte de résident permanent (green card) et d’avoir tenté d’acquérir la nationalité américaine.
Inculpé fin 2024, il vivait aux États-Unis au moment de son arrestation. Cette affaire s’inscrit dans une série de poursuites engagées par la justice américaine contre des responsables étrangers accusés de crimes graves, sur la base du principe de compétence universelle.
Ce verdict marque une étape importante dans la reconnaissance judiciaire des exactions commises dans les prisons syriennes durant les années de conflit et de répression sous le régime d’Assad.