Un ancien responsable des services de renseignement syriens a comparu lundi devant un tribunal autrichien pour répondre d’accusations de torture et d’abus sexuels commis contre des opposants au régime de l’ancien président syrien Bachar al-Assad il y a plus d’une décennie. Ce procès constitue l’un des rares cas où un pays européen exerce sa compétence pour juger des crimes présumés commis en Syrie.
Le principal accusé, identifié sous le nom de Khaled al-H conformément aux règles autrichiennes de protection de la vie privée, dirigeait les services de renseignement syriens dans la ville de Raqqa entre 2011 et 2013, au début du soulèvement contre le régime syrien. Selon l’accusation, il aurait participé à un système de répression visant les opposants politiques.
Le procès, qui devrait s’étendre sur environ un mois, donnera la parole à plusieurs victimes présumées. Les procureurs soutiennent que des actes de torture et de violences sexuelles ont été commis dans le cadre des opérations menées par les services de sécurité syriens durant cette période particulièrement violente du conflit.
Un second accusé comparaît également devant la justice autrichienne. Ancien haut responsable de la police de Raqqa, il était surnommé « l’Ange de la Mort » selon les éléments présentés par l’accusation. Les deux hommes sont poursuivis pour leur rôle présumé dans les abus commis contre des détenus et des opposants.
Les accusés contestent fermement les faits qui leur sont reprochés. Khaled al-H a notamment déclaré n’avoir jamais été témoin d’actes de torture ni de l’utilisation du dispositif de supplice connu sous le nom de « tapis volant », souvent cité dans les témoignages concernant les prisons syriennes. Lui-même et son coaccusé ont affirmé devant le tribunal être innocents.
La défense soutient que l’ancien chef du renseignement aurait au contraire facilité la prise de contrôle de Raqqa par l’Armée syrienne libre en 2013 avant de quitter la ville le lendemain de sa chute. Cette version est contestée par les procureurs, qui présentent un récit radicalement différent des événements.
Ce procès est suivi de près par les défenseurs des droits humains, qui y voient une nouvelle étape dans les efforts visant à poursuivre les responsables présumés de crimes commis durant la guerre en Syrie, même lorsque ces faits ont eu lieu en dehors du territoire européen.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.