Le président américain Donald Trump a mis en garde le Royaume-Uni contre les risques liés à un renforcement des relations commerciales avec la Chine, à la suite des entretiens entre le Premier ministre britannique Keir Starmer et le dirigeant chinois Xi Jinping. Les deux responsables ont salué une « réinitialisation » des relations bilatérales lors de discussions tenues à Pékin.
Interrogé à Washington, en marge de la première du documentaire « Melania » au Kennedy Center, Donald Trump a estimé qu’il était « très dangereux » pour Londres de renforcer sa coopération économique avec Pékin. Il a ajouté que cette orientation serait « encore plus dangereuse » pour le Canada, alors que plusieurs alliés occidentaux s’inquiètent de l’imprévisibilité de la politique américaine.
Keir Starmer s’est rendu en Chine dans l’espoir de stimuler la croissance économique britannique, alors que son gouvernement travailliste de centre gauche peine à tenir ses promesses en la matière. Au cours de trois heures d’entretiens avec Xi Jinping, il a plaidé pour une « relation plus sophistiquée », évoquant un meilleur accès au marché chinois, des droits de douane plus bas et de nouveaux accords d’investissement.
Ce déplacement intervient dans un climat de tensions diplomatiques, marqué par des menaces répétées de Donald Trump sur l’instauration de droits de douane et par ses déclarations sur une éventuelle prise de contrôle du Groenland, territoire autonome danois. Ces prises de position ont suscité des inquiétudes parmi des alliés historiques des États-Unis, dont le Royaume-Uni.
Keir Starmer a toutefois assuré que Londres pouvait approfondir ses liens économiques avec Pékin sans heurter Washington, en s’appuyant sur la solidité de la relation transatlantique. Il a rappelé la coopération étroite avec les États-Unis en matière de défense, de sécurité, de renseignement et de commerce, estimant que le Royaume-Uni n’avait pas à choisir entre ses partenaires.
Donald Trump a par ailleurs menacé d’imposer des droits de douane au Canada si Ottawa mettait en œuvre des accords économiques conclus avec la Chine lors de la récente visite de son Premier ministre, Mark Carney. Dans ce contexte de rivalités commerciales accrues, d’autres dirigeants occidentaux, dont le chancelier allemand Friedrich Merz, prévoient également des déplacements en Chine, tandis que Donald Trump a annoncé son intention de s’y rendre au mois d’avril.