Tchèques et Slovaques manifestent en masse pour défendre la démocratie, 36 ans après la Révolution de velours (AP)
Tchèques et Slovaques manifestent en masse pour défendre la démocratie, 36 ans après la Révolution de velours (AP)

Des milliers de citoyens en République tchèque et en Slovaquie sont descendus dans les rues lundi 17 novembre pour commémorer le 36e anniversaire de la Révolution de velours, le soulèvement pacifique qui mit fin au régime communiste en 1989. Cette année, les rassemblements ont pris une tournure résolument politique, alors que nombre de participants ont exprimé leur inquiétude face à ce qu’ils considèrent comme un recul démocratique croissant dans leurs pays respectifs.

En Slovaquie, les manifestations ont visé directement le Premier ministre Robert Fico, accusé par l’opposition et la société civile d’orienter le pays vers un autoritarisme pro-russe. Fico, en poste pour un quatrième mandat, a récemment supprimé un bureau spécialisé dans la lutte contre la corruption, renforcé le contrôle sur les médias publics, et multiplié les déclarations controversées sur l’Union européenne, allant jusqu’à évoquer un possible effondrement de l’UE. Il a également été critiqué pour ses visites à Moscou et sa proximité avec Vladimir Poutine.

« Fico s’attaque aux institutions indépendantes, à la culture, aux médias… exactement comme le faisaient les communistes », a déclaré Jaroslav Nad, chef du parti d’opposition Démocrates, devant une foule réunie à Bratislava. Les manifestants ont dénoncé un climat de peur et une mise en cause des fondements de l’État de droit. Plusieurs observateurs s’inquiètent de voir la Slovaquie s’éloigner progressivement de l’axe euro-atlantique.

En République tchèque, les célébrations de la Révolution de velours se sont également transformées en mobilisations citoyennes, notamment à Prague, où des milliers de personnes ont allumé des bougies et brandi des drapeaux tchèques, européens et ukrainiens. Le rassemblement a pris pour cible l’ex-Premier ministre Andrej Babis, dont le parti populiste ANO est arrivé en tête des législatives d’octobre. Il tente actuellement de former une coalition, possiblement avec un parti d’extrême droite ouvertement hostile à l’OTAN et à l’UE.

Les manifestants tchèques ont dénoncé les projets de Babis visant à affaiblir les ONG, à réduire l’aide à l’Ukraine et à renforcer l’emprise de l’exécutif sur les médias publics. Certains ont évoqué une menace directe contre l’héritage démocratique de 1989. « Le gouvernement qui sera probablement formé souhaite relâcher nos liens avec le monde civilisé, avec l’Europe occidentale », a alerté Martin Leska, ingénieur, lors du rassemblement à Prague.

Andrej Babis, de son côté, a tenté de calmer les inquiétudes en promettant de régler ses conflits d’intérêts une fois nommé Premier ministre. Mais ses propos vagues ont suscité l’exaspération du président Petr Pavel, qui exige des clarifications avant de procéder à sa nomination.

Alors que les tensions politiques s’intensifient, les commémorations de la Révolution de velours ont rappelé combien les acquis démocratiques restent fragiles. Dans les rues de Prague et Bratislava, les slogans en faveur de la liberté, de l’Europe et de l’indépendance des institutions ont résonné comme un appel à la vigilance citoyenne face aux dérives illibérales.

Que retenir rapidement ?

Des milliers de citoyens en République tchèque et en Slovaquie sont descendus dans les rues lundi 17 novembre pour commémorer le 36e anniversaire de la Rév

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