Sénégal : un groupe américain « pro-famille » accusé d’avoir soutenu une campagne pour une loi anti-LGBT
Sénégal : un groupe américain « pro-famille » accusé d’avoir soutenu une campagne pour une loi anti-LGBT

Un groupe américain se présentant comme défenseur des « valeurs familiales » a collaboré avec des militants sénégalais qui font pression pour l’adoption d’une loi anti-LGBT dans le pays, selon une enquête de Reuters. Cette implication serait la première connue d’un tel groupe aux États-Unis dans ce dossier depuis le retour de Donald Trump à la présidence.

L’organisation américaine MassResistance aurait apporté un soutien à des militants sénégalais engagés dans une campagne visant à renforcer la législation contre les personnes LGBT. Au Sénégal, l’homosexualité est déjà illégale, mais certains groupes religieux et organisations de la société civile réclament un durcissement des lois existantes.

Parmi les figures du mouvement figure Ababacar Mboup, président du collectif « Non à l’homosexualité » et ancien coordinateur d’And Samm Jikko Yi, un réseau d’organisations islamiques et d’associations de la société civile qui milite activement pour l’adoption d’une législation plus stricte. Ces groupes affirment vouloir défendre les valeurs culturelles et religieuses du pays.

Selon Reuters, MassResistance considère les orientations politiques de l’administration Trump comme favorables à son agenda. Le groupe estime que le contexte politique actuel aux États-Unis renforce ses efforts pour soutenir des initiatives similaires à l’étranger.

Le Sénégal n’est pas le seul pays concerné par ces débats. Au Ghana, un projet de loi anti-LGBT très controversé est également en discussion, suscitant une vive réaction de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains.

Des acteurs de la lutte contre le VIH et le sida au Sénégal ont exprimé leurs inquiétudes face à ces initiatives législatives. Ils craignent que les personnes LGBT, confrontées à une pression sociale et juridique accrue, ne se cachent davantage, ce qui pourrait compliquer l’accès aux soins et aux programmes de prévention.

Partager